Une rencontre décisive

Extrait de la revue Sans Concession.

Je ne crois pas au hasard. Je pense que nous naissons tous avec des potentialités et qu’elles attendent le bon moment pour se révèler (du moins si on le veut bien).

Souvent, on m’a demandé comment le garçon que j’étais, né dans une très bonne famille (…) a pu devenir ce qu’il est. Je raconte alors l’anecdote suivante :

Petit (je devais avoir neuf ou dix ans), mes parents m’ont amenè à Paris, le 24 décembre, pour y voir les vitrines animées des Nouvelles Galeries (je crois) […] nous étions là, à contempler émerveillés les automates qui évoluaient dans des décors féériques. Une foule se pressait portant des paquets cadeaux, de la nourriture, etc. C’était la fête…A un moment, je me suis retourné. Et sur le trottoir, j’ai vu, assise, une pauvre vieille femme, avec un manteau gris et un fichu sur la tête. Devant elle, il y avait un bout de carton avec quelques piécettes. J’ai su alors ce que signifiait l’expression « avoir le coeur déchiré »; car mon coeur s’est déchiré.

L’enfant que j’étais ne pouvait pas comprendre comment une société qui offrait tout à certains -dont moi- pouvait en laisser d’autres croupir dans la plus sombres des misères.

Le soir, chez ma tante, mon réveillon fut gâché par l’image de cette pauvre vieille, et depuis cette vision m’a toujours poursuivi. Pourquoi ai-je eu cette pensée alors qu’il aurait été bien plus facile de se dire : tu as de la chance, profites-en et oublie cette vieille!

Sans doute parce que la Providence voulait me faire prendre un certain chemin…

Car je suis alors devenu socialiste – même si j’ignorais le mot – à partir de ce moment-là. Et même, si par la suite, j’ai évolué, ce socialisme était toujours resté ancré en moi. Je rêvai d’une société où il n’y aurait plus de gens comme cette petite vieille…

Plus tard, vers quatorze ans, j’ai pu contempler les photos du IIIème Reich. J’ai rapidement compris que le vrai socialisme, celui auquel j’aspirais, avait été réalisé par Adolf Hitler. Ce fait m’apparaissait comme une évidence. Lorsque je m’en ouvrais aux adultes, ils répondaient en invoquant les « atrocités nazies ».

Pendant longtemps, j’y ai cru. Mais j’admirais tout de même Hitler pour ses réalisations sociales et je disais : « Il faudra refaire un Etat national-socialiste sans les camps ». On me répondait que c’était impossible car la national-socialisme menait naturellement aux camps de la mort. Dans ma tête pourtant, je n’arrivais pas à comprendre comment un tel régime, si bon pour son peuple, avait pu mener à de telles atrocités. La franche dichotomie me troublait et m’amenait à douter parfois. Mais tout le monde me le disait…Alors je restais seul, un peu honteux, avec mon « national-socialisme » -sans les camps.

De plus, l’adolescent que j’étais pensait que tous les « nazis-collabos » avaient été tués et qu’aujourd’hui, tout le monde pensait comme mon entourage.

Je me croyais donc seul au monde, seul a avoir compris qu’on pourrait faire un national-socialisme sans les camps, seul avec les petites croix gammées que je dessinai sur des feuilles. Je n’en tirai nulle fierté, mais plutôt une angoisse abyssale. Devrais-je passer toute ma vie sans personne pour partager mes vues ?

On comprendra pourquoi la découverte du révisionnisme et la certitude qu’il disait vrai fut pour moi une libération. Ce que je n’osais pressentir était exact. La franche dichotomie était effectivement un symptôme du mensonge ambiant. J’étais enfin décomplexé. Puis ce fut la découverte de Maurice Bardèche qui me permit de développer le concept d’analogie-déduction.

Je dois certes tout aux révisionnistes qui m’ont précédé, mais aujourd’hui, je reste persuadé que sans la vision de cette vieille femme la veille de Noêl 1978 ou 1979, le Vincent Reynouard catholique, national-socialiste et révisionniste n’existerait pas.

Source : Vincent Reynouard, in Sans Concession N°30, pp.186 et s., « En passant par Fleury-Mérogis », avril 2007.

[A decivie encounter in english]

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