L’UE pire que la Birmanie

Il se passe parfois en Italie des choses qu’on n’imaginerait pas dans notre pays: un journal de la région de Parme, « L’Informazione di Parma », vient de publier, dans sa livraison n° 225 du 17 août 2009, une lettre de lecteur, signée, que pas un journal français ne publierait aujourd’hui. En voici la traduction:

Monsieur le Directeur,
Il y a un autre sujet de préoccupation en ce 15 août, qui empêche de dormir la moitié de l’Europe « démocratique »: c’est le sort de la Birmane San Suu Kyi, condamnée à la peine d’assignation à résidence pour activités antigouvernementales dans son pays, la Birmanie. Même à Parme le beau monde local de la politique s’agite en lançant des appels et en écrivant à droite et à gauche pour « sensibiliser » les institutions afin que ces dernières interviennent auprès de l’Europe et de l’ONU pour que soient déclenchées toutes les procédures devant conduire la Birmanie sur le chemin de la « démocratie ». Déjà on réclame des pressions, un embargo, des sanctions et il est étonnant que la junte militaire birmane n’ait pas encore été déposée au moyen de la méthode « démocratique » utilisée en Irak avec Saddam Husssein.

Qui sait pourquoi les satrapes antidémocratiques ne sont pas tous égaux! Et puis à Parme on est déjà en train de penser à envoyer dans ce lointain pays un ambassadeur de « notre ville », pour faire quoi et aux frais de qui, ça, on ne le dit pas, mais une chose est certaine: du temps à perdre à se mêler d’affaires qui ne nous regardent pas, les différentes institutions et leurs différents serviteurs n’en manquent pas. Ils ont bien pensé à faire de cette dame birmane, à laquelle avait été décerné le prix massonique Nobel de la paix, une citoyenne honoraire de Parme: un beau geste mais, d’un point de vue pratique et opérationnel, à quoi cela sert-il?

Il manque seulement une belle retraite aux flambeaux avec banderoles correspondantes (éventuellement aussi en anglais pour les très nombreux opérateurs de télévision birmans présents dans la ville) et une collecte de fonds à l’occasion d’une grillade du 15 août.
La question est la suivante: quelles leçons peut donner notre pays en matière de démocratie? La république antifasciste née de la résistance et fondée sur le travail, peut-être? L’augmentation de la criminalité, de la drogue, la dégradation, la corruption? Les morts d’overdose du samedi soir? Les « veline » [des filles de charme]? Les prestations sexuelles de nos hommes politiques? Les invasions barbares de l’Europe de l’Est et du Maghreb? Et la Birmanie devrait emprunter ce chemin qui la mènera à savourer toutes ces délices?

Si la « communauté internationale » a à coeur de préserver les droits de cette femme, pourquoi, au lieu de se préoccuper d’événements qui ont lieu à des milliers de kilomètres et, qui plus est, dans un pays dont la culture et l’histoire n’ont rien de commun avec les nôtres, ne se préoccupe-t-elle pas de ce qui se passe dans certains pays qui se trouvent à quelques kilomètres de chez nous et qui enfreignent le droit à la liberté de parole et d’opinion, comme la France, la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, qui condamnent à la prison des personnes qui sont en désaccord (qui plus est, preuves en mains) avec la version « officielle » de certains événements historiques du siècle passé?
Combien de gens savent-ils que dans l’Union européenne « démocratique et libre » on risque la prison lorsqu’on a certaines opinions, bien plus que si l’on assassine, vole ou viole?
En ce moment précis il y a des citoyens européens qui sont recherchés ou persécutés par une sorte de « psycho-police », d’autres ont purgé depuis peu des peines de prison, d’autres encore languissent dans une cellule, non pas dans des villes comme Rangoon, Lagos ou Djakarta, mais je parle de Munich, de Vienne, de Francfort, de Paris, de Lyon, de Bruxelles. Tous avec le même chef d’inculpation: crime de la pensée. Leurs noms? Ernst Zündel, Horst Mahler, Sylvia Stolz, Wolfgang Fröhlich, Gerd Honsik, Walter Lüftl, Vincent Reynouard, Robert Faurisson, Germar Rudolf, Dirk Zimmermann, Kevin Käther, Fredrick Töben, Gaston-Armand Amaudruz, René-Louis Berclaz, Jürgen Graf, pour ne nommer que les plus connus mais la liste pourrait être plus longue.
Qui sait si, pour ces personnes, le maire de Parme, M. Vignali, prendra le soin d’intervenir auprès du ministre des Affaires étrangères, M. Frattini, ou si un ambassadeur de « notre ville » traversera l’Europe pour y porter un message « démocratique ».
Cordiales salutations.

Gian Franco Spotti Soragna (PR)

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