Communiqué du magazine Sans Concession sur la récente condamnation de Mgr Willamson

communique de Sans Concession

« Il est relativement aisé, au fond, de ne faire autre chose que de redire ce que l’autorité dit. Il faut du  courage pour dire autre chose dans un régime où il n’y a aucune réelle tribune d’opposition. »

Jean Kamp, Ce grand silence des prêtres


« Poser clairement, franchement notre pensée, et notre programme, ne pas mendier la pitié ni l’indulgence en plaidant non-coupable… »

R.P. Paul Doncœur, « Quelques expériences d’actions sur l’opinion publique »

« Tous dirent alors : Tu es donc le Fils de Dieu ?
« Il leur répondit : Vous le dites : je le suis »

Luc, XXII, 70


« …il y a de tout en eux, une indifférence implacable pour tout ce qui ne les touche pas, une impuissance qui semble inguérissable à comprendre certaines choses très compréhensibles cependant, un manque absolu de largeur dans les vues, un entêtement sot dans certaines préventions et, en même temps, quand la passion enfantine est en jeu, une malléabilité incroyable, une tolérance qui touche au cynisme, une facilité à accepter tout, à passer sur tout avec un grand air souriant… »

Edouard Drumont, La fin d’un monde

La stratégie adoptée par la Fraternité Saint-Pie X

S’il est conscient que son « procès » sera une parodie de justice, un prévenu qui défend la vérité peut adopter deux attitudes bien différentes :
– se rendre à l’audience ― comprenez : aller au « casse-pipe » ― et jouer le jeu pour défendre sa cause en espérant que le public et la postérité entendront son message. Ainsi fit Hermann Göring à Nuremberg ;
– refuser de se présenter et de se faire représenter afin de ne pas cautionner une mise en scène hypocrite. C’est ce que fit Pierre Laval lorsque, après trois audiences et un nouvel incident, les jurés eux-mêmes lui lancèrent qu’il était déjà jugé.

Dans l’affaire Williamson, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X a opté pour une autre voie. Elle a interdit au prévenu d’apparaître devant les juges [1] et elle l’a fait représenter par avocat allemand clairement antirévisionniste, Me Matthias Lossman. Celui-ci a d’ailleurs déclaré que le propos de l’évêque était « inadmissibles » [2].

L’image de Mgr Williamson

En conséquence, le grand public considérera Mgr Williamson comme un hurluberlu qui professe des insanités, donc qu’il faut tenir à l’écart et faire représenter par une personne, elle, raisonnable et bien pensante… Autant dire que le bilan pour la vérité historique sera une nouvelle fois catastrophique.

La justification d’une stratégie

Je sais que la plupart des catholiques dits « traditionalistes » seront soulagés et applaudiront même. Ressortant leur sempiternel discours, ils diront : « Que nous importent les chambres à gaz. Même si elles n’avaient pas existé, cela resterait une vérité purement terrestre. Nous, notre combat, c’est le Ciel, c’est la Messe de toujours, c’est le retour de Rome à la Tradition, c’est royauté sociale de Notre-Seigneur recouvrée… Mgr Williamson nous a fait beaucoup de tort et il ne doit pas en rajouter. Qu’il se taise, qu’il paye son amende et qu’on en finisse. »

Une nécessité de réparer

Discours ferme et en apparence inattaquable. Mais en apparence seulement… Dans un premier temps, en effet, je soulignerai que le mensonge de l’ « Holocauste » est plus qu’un simple mensonge historique ou qu’une accusation légère (le vol d’une pomme par exemple). C’est une infâme calomnie, car il accuse mensongèrement un groupe d’hommes, voire un peuple tout entier, de six millions de meurtres froidement planifiés et perpétrés. Six millions d’hommes, de femmes et d’enfants en majorité gazés et fusillés. Ce n’est pas rien ! Comment des catholiques, qui apprennent à leurs enfants la haine du mensonge, peuvent-ils rester indifférents face à cette gigantesque calomnie sans cesse répétée, martelée même, sur toutes les radios et les télévisions ?
Le catéchisme de l’Eglise catholique déclare : « Beaucoup de péchés causent du tort au prochain. Il faut faire le possible pour le réparer (par exemple restituer les choses volées, rétablir la réputation de celui qui a été calomnié, compenser les blessures). La simple justice exige cela. » (voy. le Catéchisme de l’Eglise catholique, § 1459). « Rétablir la réputation de celui qui a été calomnié… », c’est clair, c’est net. On me répondra que c’est au pécheur de réparer, donc aux historiens, aux journalistes et aux faux témoins en premier lieu, pas aux catholiques et encore moins à Mgr Williamson. Certes. Mais si, par haine ou par aveuglement, les pécheurs ne veulent pas réparer ? C’est ici qu’intervient la charité, ce « commandement nouveau » donné par le Christ (Jn, XIII, 34) et qui déclare : « Tu dois aimer ton prochain comme toi-même » (Matt., XXII, 39). Les catholiques l’appliquent lorsque le pape Pie XII est attaqué pour son « silence » pendant la Shoah. L’homme étant mort, ils se lèvent pour le défendre, comme s’il s’agissait d’eux-mêmes et sans attendre que les calomniateurs se décident enfin à réparer. Dès lors, pourquoi ne pas agir ainsi lorsqu’il s’agit de nationaux-socialistes ? Parce qu’ils étaient des ennemis ? Parce que le national-socialisme aurait été condamné par Pie XI ? J’ai bien peur que ce ne soit l’une des raisons invoquées par de nombreux catholiques : « Nous n’avons rien de commun avec ces gens-là, c’est leur affaire… ». C’est cependant oublier que la charité doit s’appliquer à tous, y compris aux ennemis (Matt. V, 44). « Le Christ est mort pour nous alors même que nous étions encore “ennemis” », souligne le catéchisme (Ibid., § 1825). Je ne demande pas aux catholiques de mourir, mais d’avoir assez de courage pour ne pas cracher sur Mgr Williamson et pour ne pas le traiter comme un pestiféré parce qu’il a osé défendre la réputation d’un peuple victime d’une infâme calomnie. Mgr Fellay aurait pu au minimum déclarer : « Nous sommes prêts à condamner Mgr Williamson, mais à une condition : qu’on nous apporte une preuve, une seule preuve, de l’existence d’une chambre à gaz homicide dans un seul camp allemand ».

Un mythe aux conséquences actuelles

Cela dit, oublions les nationaux-socialistes. Le mythe de l’ « Holocauste » a permis la réalisation du vieux rêve sioniste : la création d’Israël. Et aujourd’hui encore, c’est le principal argument qui permet de légitimer l’existence de cet Etat. Il y a peu, ainsi, l’Ambassadeur d’Israël en Belgique a déclaré : « Le peuple juif, à travers le monde, a gagné au cours de son passé commun de souffrances et d’espoir, le droit d’affirmer haut et fort que sa présence en Israël est légitime » [3]. Mais le rêve des sionistes est très vite devenu le cauchemar des Palestiniens. Un cauchemar qui dure depuis maintenant 62 ans et dont les répercussions sont immenses. Comment un catholique pourrait-il rester indifférent à la tragédie que vivent quotidiennement ces hommes, ces femmes et ses enfants « réfugiés » parce que leurs parents ont été expulsés (voire tués) suite à la décision de l’ONU en 1948 ? « Mais, me répondra-t-on, nous aussi, avec le pape et les évêques, appelons la paix et prions pour elle ». Sans doute. C’est cependant oublier « l’identité de la paix avec la justice » comme le rappelait justement Lanza del Vasto en 1972 [4]. « Tout le monde sait, poursuivait-il, que dans l’injustice la paix est impossible, car l’injustice est un état de violence et de désordre qui ne peut, qui ne doit pas se maintenir » (Id.). Or, qu’est-ce que la justice ? « La vraie justice, répondait l’auteur, ne fait qu’un avec la vérité » (Id.). Aujourd’hui, les sionistes versent des larmes de crocodiles sur la paix qu’ils ne parviennent pas à imposer. « Soixante-deux ans après la création de l’Etat d’Israël, écrit l’Ambassadeur de ce pays en Belgique, nous essayons toujours de trouver les solutions au conflit qui nous oppose depuis des décennies à nos ennemis » [5]. Ces solutions, ils ne les trouveront jamais pour une simple raison : Israël ayant vu le jour grâce à un énorme mensonge, celui de l’ « Holocauste », il générera toujours une situation d’injustice, donc de guerre. Finalement, la clé de la paix au Moyen-Orient ne se trouve pas là-bas, elle se trouve en Europe et plus particulièrement en Allemagne terre nourricière du mythe de l’ « Holocauste ». Dénoncez le mythe et Israël perdra sa légitimité, ouvrant la voie à la seule solution de paix : la disparition de l’Etat sioniste fondé sur le plus gros mensonge de l’époque moderne… Le président iranien, lui, l’a parfaitement compris.
Voilà pourquoi s’ils sont partisans de la paix, de la vraie paix, les catholiques doivent soutenir le révisionnisme historique.

Vérités secondaires ? Pas toujours…

« Tout cela est bien beau », me dira-t-on, « mais il faut respecter les priorités. Et nous, notre priorité, c’est de rechristianiser la société. Dans cette lutte, la vérité sur les chambres à gaz allemande ― vérité secondaire car purement terrestre ― reste sans importance. »

Erreur grave ! Dans ma Lettre à Mgr Fellay, j’ai démontré qu’en de nombreuses occasions, des vérités qui peuvent paraître purement secondaires (parce que purement scientifiques ou historiques) ont des répercussions morales et religieuses indéniables. Le 20 avril, un franc-maçon belge l’a confirmé en déclarant : « L’histoire de l’humanité nous enseigne que les progrès scientifiques eurent toujours pour effet de réduire l’aire de jeu des dieux. Ils cédèrent les domaines du jour et de la nuit, des saisons, du climat, de l’astronomie, de la cosmologie, de la procréation, de l’origine des espèces et finalement, de leur propre origine, souvent située dans une fonction spirituelle du cerveau plutôt que dans l’autocréation »[6]. Le cas de l’évolutionnisme et de sa prétention à affirmer l’unité de l’être vivant (l’homme ne serait qu’un animal supérieurement intelligent) se révèle particulièrement intéressant. Au premier abord, il s’agit d’une simple thèse issue de la recherche scientifique et qui n’intéresse que les préhistoriens. Mais en fait, cette « vérité » ― lorsqu’elle est acceptée comme telle ― remet en cause le dogme de Création de l’homme, donc l’existence d’une essence purement humaine, donc la pertinence d’une morale immuable (car reflet de l’ordre naturel voulu par Dieu). Les laïcistes ne s’y sont pas trompés. Dans le rapport sur la « morale prolétarienne » publié en 1925 à l’occasion Congrès fédéral des Syndicats des membres de l’action laïque, on lisait en conclusion d’une rigoureuse analyse : « Ainsi, c’est les deux idées scientifiques d’évolution et d’unité de l’être vivant qui condamnent toute morale humaine à principes invariable » [7].
Aujourd’hui dans les écoles dites « neutres », l’évolutionnisme le plus radical est présenté et enseigné comme une vérité démontrée. Dès lors, puisque l’homme n’est qu’un simple animal juste plus intelligent que les autres et qu’il n’y a pas de morale humaine immuable, au nom de quoi pourrait-on imposer, comme seul valable, le modèle familial traditionnel, le caractère hétérosexuel et indissoluble du mariage, le respect de la vie qui commence (un embryon n’est qu’un tas de cellules) ? D’où toutes ces lois ― quasi unanimement acceptées ― sur le divorce, l’avortement, le pacs, la condamnation de l’homophobie, le « mariage homo »… Voilà comment une simple thèse scientifique peut frayer la voie aux forces de la décadence.

Un mythe utilisé politiquement

De la même façon, le mythe de l’ « Holocauste » déborde largement le domaine de l’Histoire. En France, son utilisation politique est apparue en pleine lumière entre le 21 avril et le 5 mai 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen était présent au second tour de l’élection présidentielle. Sur TF1, l’une des premières manifestantes interrogées quelques minutes après les résultats du premier tour lança : « j’ai honte que cinquante ans après un génocide, y’a Le Pen qui passe au second tour ». Et pendant ces deux semaines folles, le slogan : « L’extrême-droite, on sait où ça a mené » a été décliné de centaines de façons différentes. Ainsi a-t-on pu entendre des phrases du style : « Le Front national […] représente l’héritage de Vichy, l’héritage du fascisme, de millions de morts, de crimes nazis » ; « nous savons où ces choses mènent ― ce qu’on ne savait pas avant 1940 » ; « Je vous en supplie ! Souvenez-vous comment un homme a fait que des millions de personnes de toutes races soient mises à mort » ; « Au nom de tous les déportés homosexuels […] pas une voix ne doit manquer à Jacques Chirac »… Ce qui était résumé ainsi : « Plutôt escroc que facho ». Tout cela, je l’ai analysé dans un livre paru peu après les faits mais qui reste très actuel ; il est dommage que trop peu de gens l’aient lu, surtout chez les catholiques [8].

Un mythe qui sert le mondialisme

L’utilisation politique actuelle du mythe de l’ « Holocauste » est donc indéniable. Mais elle n’est pas la seule. Ce mensonge sert aussi à imposer les « valeurs » du mondialisme droit-de-l’hommesque, celles précisément que les catholiques dits « traditionalistes » combattent. Dans son ouvrage intitulé : Auschwitz, 60 ans près, l’historienne Annette Wieviorka a formulé ce constat capital :

« La demande d’histoire de la Seconde Guerre mondiale a toujours eu des visées éthiques et pédagogiques […].
« L’inclusion de la Seconde Guerre mondiale dans les programmes a donc été d’emblée conçue comme porteuse de « leçons » de morale ― c’est-à-dire comme susceptible d’aider les jeunes à distinguer entre le bien et le mal, alors même que l’enseignement de la morale s’effaçait pour définitivement disparaître »
[9].

C’est clair : à l’heure où les derniers relents de la morale traditionnelle disparaissaient (une morale qui, bien que passée dans le moule laïque, rappelait encore certaines valeurs chrétiennes), une nouvelle éthique naissait, c’est-à-dire une nouvelle vision du Bien et du Mal, fondée sur la perception que le vainqueur avait imposée de la seconde guerre mondiale. Cette éthique, c’est celle des droits de l’homme dont la Déclaration universelle a suivi de peu ― et ce n’est pas hasard ― la victoire des Nations Unies sur les forces de l’Axe. C’est donc celle du mondialisme dans sa forme la plus conquérante, avec son antiracisme, sa promotion de toutes les déviances au nom du « libre choix », son antinationalisme (sauf pour Israël, bien entendu), son laïcisme et son œcuménisme.
J’ajoute que, loin d’être un simple référent social, les droits de l’homme sont devenus une nouvelle religion. Le 22 avril 2010, évoquant l’Europe d’après-guerre, l’éditorialiste au Figaro Magazine et à RTL Eric Zemmour a qualifié les « droits de l’homme » de « nouvelle religion qui unifie […] comme le catholicisme unifiait le Saint Empire germanique » [10].
Comment, après cela, des catholiques dits « traditionalistes » peuvent-ils encore prétendre que la vérité sur le prétendu « Holocauste » et, plus généralement, sur l’histoire européenne des années 1918-1945 serait sans intérêt ?

Si le mythe tombait…

Son intérêt est au contraire immense, car si l’ « Holocauste » n’est qu’un mensonge éhonté, alors toute l’Histoire moderne doit être réexaminée. Et qui sait si, au terme de ce réexamen, les « Bons » autoproclamés ne se révéleront-ils pas être les « Méchants » et réciproquement ? Car enfin, qui a déclaré la guerre ? Et pourquoi ? Qui l’a mondialisée ? Qui l’a menée avec le plus de brutalité ? Qui a lancé des vagues de bombardiers bourrés d’engins au phosphore pour les déverser sur des femmes et des enfants ? Qui a fait descendre le feu du ciel sur la terre, tuant des dizaines de milliers de civils en quelques secondes pour contraindre les soldats ennemis à rendre les armes ? Qui a laissé mourir des centaines de milliers de prisonniers de guerre alors que la guerre était finie ? Qui a organisé une parodie de Justice ? Depuis soixante ans, les vainqueurs imposent leurs réponses, occultent leurs crimes et, lorsque ce n’est plus possible, les justifient en sortant leur éternel atout : « On a eu raison de le faire car on luttait contre le Mal absolu ; regardez ce que l’on a trouvé en 1945 dans les camps… ».
Si, demain, cet atout se révèle être une fausse carte, alors une réelle discussion contradictoire s’engagera, un peu comme une révision du procès de Nuremberg, et le roi apparaîtra nu. N’importe quelle personne d’esprit moyen peut le comprendre. Car il est évident que celui qui, pendant plus de soixante ans, a justifié ses actes en recourant à un mensonge calomniateur ne peut avoir défendu la bonne cause.

Big Brother verrouille pour se protéger

Cela, nos adversaires le savent bien. Voilà d’ailleurs pourquoi les quelques propos de Mgr Williamson sur le prétendu « Holocauste » ont provoqué un cyclone médiatique mondial. Aujourd’hui, vous pouvez revendiquer votre athéisme ou votre attachement à la messe de toujours, prôner le « mariage homo » ou défendre la famille traditionnelle, réclamer l’avortement à quinze semaines ou défiler pour défendre le droit à la vie, soutenir Israël ou fonder une liste antisioniste. Vous êtes libre. Mais toucher au mythe, non ! no ! nada ! nein ! Car c’est contester la valeur de l’atout des « Bons » et, ainsi, briser la pierre angulaire du Nouvel Ordre mondial. D’où la condamnation du révisionnisme par l’ONU en 2008, d’où ces lois antirévisionnistes dans un nombre sans cesse croissant de pays, d’où cette répression impitoyable des militants révisionnistes ― j’en sais quelque chose.

Les cathos conservateurs ne représentent aucun danger

Big Brother sait très bien où est le danger. Il n’est pas chez les conservateurs bon teint, adeptes de l’encens, des pèlerinages, des mouvements pro-vie, d’une république propre, des l’Eglise de Pie XII, de la France d’Amélie Poulain avec ses familles endimanchées… Ces gens-là, Big Brother les laisse car ils ne représentent aucun danger réel. Et pourquoi n’en représentent-ils aucun ? Pour deux raisons principales.
– La première est politique : nos catholiques conservateurs sont antinazis, donc ils ne voudront jamais admettre que le IIIe Reich ait pu représenter le bon camp en 1939. Afin de justifier leur position, ils ressortent les éternels arguments fondés sur l’existence de Mit Brenneder Sorge, sur l’anticléricalisme du IIIe Reich, sur ses entorses à la morale chrétienne, sur le fait que le nazisme aurait été le frère ennemi du communisme, etc. Car le conservateur l’est aussi dans ses lectures : elles sont soigneusement sélectionnées afin de rester dans le champ de l’orthodoxie la plus rigide : pas question de lire Kant (il s’est trompé), ni Hegel (un monstre d’orgueil), ni le chanoine de Locht (un « marxiste pilulard et pro-avorteur »), ni Lanza del vasto (un « chrétien de gauche »), ni Guy Coppens (un pro-évolutionniste), ni Hitler (un pro-païen meurtrier), ni Elisabeth Badinter (une féministe enragée)… Ces lectures choisies le maintiennent dans un cocon ouaté de certitudes théologiques, politiques et sociales. Dès lors, jamais le conservateur ne verra que le jacobinisme, le communisme athée, mais aussi le libéralisme (individualisme consumériste) sont de beaucoup plus éloignés de l’idéal catholique que le national-socialisme et le fascisme. Hitler, lui, avait redécouvert la notion de Bien commun, c’est-à-dire d’un intérêt de l’État passant avant l’intérêt individuel parce que jugé intrinsèquement meilleur que ce dernier. Malgré ses erreurs, le Führer avait su mettre sur le plan pratique une idéologie authentiquement contre-révolutionnaire, parvenant à faire revivre des principes traditionnels tués par la Révolution, sans pour autant tomber dans les travers d’un passéisme stérile objectivement porteur de sa propre liquidation. Le génie du national-socialisme fut le mariage heureux entre les bons aspects de la modernité et la nécessité d’une société traditionnelle d’ordre. Les « cathos antinazis » feignent de reprocher à Hitler son antichristianisme supposé. Ils refusent de voir que le national-socialisme fut antichrétien, et plus précisément anticlérical, par accident. Il fut par accident anticlérical parce qu’il refusait, à bon droit, de cautionner l’esprit démocrate-chrétien favorisé par les papes depuis Léon XIII. Trop d’ecclésiastiques allemands, en 1939, ne concevaient leur apostolat qu’à la manière d’une cinquième colonne dévouée à la cause des « Alliés » anglo-saxons et français, et c’est légitimement qu’Adolf Hitler les neutralisa. Qu’on songe à la réaction du clergé français si Jean-Marie Le Pen parvenait aujourd’hui au pouvoir : il devrait faire arrêter tous les prêtres, parce qu’ils sont tous gagnés à la cause mondialiste. Et il serait grotesque de faire de Le Pen un antichrétien. Il est vrai qu’il exista des courants paganistes et nietzschéens dans la mouvance active du national-socialisme, mais Hitler ne les cautionnait pas. Il les supportait (et cela est regrettable) parce qu’il avait, lors de la prise de pouvoir, besoin d’appuis qu’il ne lui fut donné de trouver ni dans les tranches catholiques (gangrenées par l’esprit démocrate-chrétien et surnaturaliste) de la population allemande, ni dans l’aristocratie allemande aussi dégénérée que l’aristocratie française et scandalisée par le fait qu’un homme du peuple pût avoir l’outrecuidance de créer une nouvelle aristocratie fondée sur le mérite.
Si Hitler avait gagné la guerre, tout aurait été possible pour les catholiques du monde entier. Vatican II, suscité par les personnalistes, les modernistes, les judéo-démocrates, n’aurait jamais vu le jour. Les colonies européennes, françaises, anglaises ou portugaises, eussent pu être acheminées lentement vers une autonomie respectueuse de leurs identités respectives, mais capables de conserver le meilleur de l’universalisme occidental voué à être assumé par leurs génies propres. L’URSS eût été écrasée, l’Europe unie se fût faite sous la direction d’un Saint-Empire reconstitué progressivement : il n’est pas de dictature qui tienne longtemps sans se stabiliser en monarchie. Et les nations européennes fussent redevenues monarchiques. La France eût recouvré sa vraie vocation : se faire le principe d’une synthèse entre toutes les formes du génie européen, se faire ainsi la conscience de soi de la culture européenne. La France est à l’Allemagne comme la Grèce le fut à Rome : vocation à l’hégémonie culturelle non ablative des cultures qu’elle féconde, et en retour synthèse des cultures par lesquelles elle se fait conditionner en sa vocation universaliste ; rôle spéculatif plus que directement pratique ; jamais la Grèce ne sut faire son unité par elle-même, jamais la France ne sut entreprendre de fédérer le monde occidental sans dénaturer ce dernier. Si Hitler avait gagné la guerre, l’Amérique se fût repliée sur elle-même, conformément à la doctrine Monroe, pour en venir à dépérir et à recouvrer le statut ― qu’elle n’aurait jamais dû quitter (encore une faute politique de la France de Louis XVI…) ― de colonie du monde européen. L’Eglise aurait su (elle en a vu d’autres) faire s’approprier le national-socialisme aux exigences du catholicisme, en moins de cinquante ans. Souvenons-nous que von Papen, pourtant peu hitlérien, avait reconnu dans le national-socialisme « la réponse chrétienne à 89 » ; que l’hitlérisme, passionnel, est né de la conscience confuse mais lucide de ce que l’Europe de 1918, issue de l’abominable boucherie (selon le mot de Lyautey) où elle s’était presque suicidée, devait absolument s’unifier pour faire face aux nouveaux monstres politiques qui la menaçaient (le condominium soviéto-américain), et que le plus urgent (quoique en soi le moins noble) était de garantir l’intégrité raciale de l’Europe (cause matérielle), d’où les excès, regrettables mais amendables, du déterminisme biologique de la doctrine de Hitler ; que les « trois K » contenaient le mot « Kirche » ; qu’un service de cars pour les différents services religieux avait été institué dans les casernes ; que 2 500 églises et temples furent construits ou reconstruits entre 1933 et 1945 en Allemagne11.

– Mais il existe une deuxième raison, plus importante encore : ce qui caractérise le conservateur, ce qui l’a toujours caractérisé, c’est la peur ; peur de perdre ce à quoi il tient, c’est-à-dire l’objet de son conservatisme. Les catholiques dits « traditionalistes » tremblent de perdre leurs prieurés, leurs écoles et tout ce qui leur permet de reconstituer, de manière microcosmique, cette société à grand-papa dont ils rêvent. Aussi tremblent-ils à l’idée d’être assimilés aux « négationnistes », aux « fascistes » ou aux « nazis », recherchant au contraire… l’estime du monde. Je rappelle que dans son communiqué du 27 janvier 2009, Mgr Fellay se félicitait de voir les « tradis » « connus, acceptés et estimés dans le monde entier ». Pas très catholique tout cela ! Voilà pourquoi Big Brother s’accommode parfaitement des traditionalistes conservateurs, allant même jusqu’à leur laisser l’église qu’ils ont prise en plein Paris. Hypnotisés par la peur de perdre leur confort comme la proie est hypnotisée par le serpent, ils n’ont jamais représenté, et ne représenteront jamais aucun danger.

Nécessité d’agir en révolutionnaire confiant en Dieu

Les révolutionnaire, lui, agit à l’opposé. Tout d’abord, il ne pense pas « en rond », c’est-à-dire en invoquant toujours les mêmes maîtres. Il sait lire ses adversaires et prendre ce qu’il y a de bons chez eux afin de faire progresser la pensée dite traditionnelle, comblant ses lacunes qui ont souvent été la cause de sa défaite. Mais surtout, même s’il connaît les dangers du combat frontal, il ne se soucie pas de ce qu’il peut perdre ; il se contente de lutter chaque jour et fanatiquement pour ce qu’il veut. « C’est un inconscient ! » diront les conservateurs avec dédain. Non, c’est une personne qui connaît le Sermon sur la montagne, un sermon au cours duquel Notre Seigneur nous avait appelés à avoir confiance en Dieu en ces termes : « Comme votre foi est petite ! Ne vous inquiétez donc pas en disant : “Qu’allons-nous manger ? qu’allons-nous boire ? avec quoi nous habillerons-nous ?” Ce sont les païens qui cherchent continuellement tout cela. Mais notre Père qui est au ciel sait de quoi vous avez besoin. Préoccupez-vous d’abord du Royaume de Dieu et de la vie juste qu’il demande, et Dieu vous accordera tout le reste. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, le lendemain se souciera de lui-même. La peine qui se présente chaque jour suffit pour la journée » (Matt., VI, 30-34). L’histoire des mouvements révolutionnaires dix fois dissous, dix fois reconstitués et qui ont fini par triompher nous offre autant d’exemples. Et si le fanatisme purement humain a permis de surmonter une myriade d’obstacles, rappelons que la Foi, elle, fait encore mieux : elle soulève les montagnes (Marc, XI, 22-24).
« Même si je passe par la vallée obscure, dit le psaume, je ne redoute aucun mal, Seigneur, car tu m’accompagnes. » (Ps, XXIII, 4). Alors qui craindre ? Que craindre ? La fermeture des prieurés et des écoles ? On trouvera des moyens de se défendre. Et si Dieu permet notre défaite, gageons qu’Il nous offrira en même temps une voie de salut. On saura s’organiser autrement. Comme sous la Révolution, on entendra la messe dans des maisons, dans des garages, dans des champs… On constituera des écoles informelles, on organisera des cours par correspondance, que sais-je encore. Soyons sûrs que Dieu récompensera notre confiance en Lui. Cette récompense, je la vérifie tous les jours : depuis ma révocation de l’Education nationale en 1997 alors que j’avais une femme et deux enfants, je n’ai jamais rien renié, bien au contraire : j’ai poursuivi et je poursuis la lutte. Malgré les déboires multiples et la répression, jamais Dieu ne nous a abandonnés. Par le biais d’amis et de circonstances, la Providence nous a aidés quand il le fallait. Et treize ans plus tard, alors que je n’ai jamais retrouvé de travail, je suis toujours là, avec ma femme et huit enfants épanouis.
Assez, donc, de calculs mesquins. Soutenons Mgr Williamson et brisons le tabou incapacitant de l’ « Holocauste », pierre angulaire du Nouvel Ordre mondiale. Si nous n’en profitons pas aujourd’hui, demain, il sera trop tard…

Vincent Reynouard

Note : Ce communiqué est disponible sous forme d’une petite brochure illustrée de 24 pages. On peut la commander à l’adresse suivante :

M. Urbain CAIRAT – C.P. 1528 – CH-1820 MONTREUX

Prix (port compris) :

1 ex : 5 €
10 ex : 15 €
20 ex. : 20 €
50 ex. : 35 €

Payable en numéraire, en timbres poste (français, suisses ou belges) ou en chèque (à l’ordre de VR).

______________________________________________

[1] «“Il serait volontiers venu, mais la Fraternité lui a conseillé de ne pas venir, et pour parler franchement lui a interdit de venir”, a expliqué [son avocat] Matthias Lossman.» (source: http://lci.tf1.fr/monde/institutions/2010-04/10-000-euros-pour-d-amende-pour-l-eveque-integriste-negationniste-5820106.html).
[2] «Matthias Lossmann, a […] convenu que les propos de l’évêque étaient « inadmissibles »». (source: http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gVrSNZVQa4H3EpXWffu7KsMnKsMn.)
[3] Voy. ContactJ, n°234, avril 2010, p.23.
[4] Voy. L.del Vasto, Pages d’enseignement (éd. du Rocher, 1993), p.31.
[5] Voy. Fax d’Israël et du monde juif, n°387, 15avril 2010, p.1.

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Une réponse à “Communiqué du magazine Sans Concession sur la récente condamnation de Mgr Willamson

  1. Bonjour
    Suite à une recherche sur Google j’ai trouvé votre blog.
    Félicitation pour votre blog que je trouve intéressant et très riche.
    Bon courage et bon postes ;-)

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