Message de Vincent Reynouard sur la Liberté d’expression

[You will find the english translation in english here ed italiano qui]

La courageuse pétition lancée en ma faveur par Paul-Éric Blanrue pose une nouvelle fois le problème des limites à la liberté d’expression. Au nom de quoi pourrait-on en poser ? Afin de répondre à cette question cruciale, interrogeons-nous : pourquoi, de manière générale, limite-t-on la liberté ? [1] L’image d’une barrière portant l’écriteau : « Interdit, danger » me paraît être la meilleure des réponses : on limite la liberté pour protéger.

Vient tout d’abord la protection de l’individu, de l’intégrité de son corps, de sa vie, de sa réputation et, dans certaines sociétés religieuses, de son âme. D’où toutes les lois réprimant, dans le domaine de l’expression, l’appel à la violence, la provocation au meurtre, l’injure, la diffamation, l’atteinte à la vie privée (la médisance) et aussi, dans les sociétés religieuses, le blasphème et l’hérésie.

À un niveau plus général vient la protection de la société en tant que garante du Bien commun, donc de la paix civile et de la vie de ses citoyens. Ainsi se justifient les lois réprimant la subversion, qu’elle soit directe (appels à la révolte…) ou indirecte (promotion d’idées contraires à l’idéologie régnante).

Naturellement, ces lois limitatives qui reflètent la culture d’un peuple vont pouvoir varier suivant le temps et le lieu. Peut en outre se poser le problème de l’excès de pouvoir. Cependant, l’abus ne remet jamais en cause le principe en lui-même. Voilà pourquoi je ne condamne pas, en soi, l’existence de lois qui restreignent la liberté, y compris celle de s’exprimer. Mais il faut impérativement éviter les excès de pouvoir, en commençant par les dénoncer lorsqu’ils surviennent.

Les lois dites « antirévisionnistes » sont-elles abusives ? Telle est la question. Plusieurs arguments sont avancés pour y répondre négativement.

J’écarterai rapidement le premier qui consiste à invoquer la « souffrance » des victimes qu’il faudrait protéger des atteintes intolérables. Cet argument pourrait avoir quelque valeur si les révisionnistes niaient l’existence des persécutions antisémites sous Hitler et comparaient les camps de concentration à des colonies de vacances. Mais il n’en est rien. Contrairement au message véhiculé dans les médias, les révisionnistes ne sont pas des « négateurs » ; s’ils dénoncent les mensonges de la thèse officielle, ils essaient en même temps de découvrir et d’expliquer ce qui s’est vraiment passé. Et dans cette histoire – plus – vraie, les souffrances des victimes restent dramatiquement présentes.

Un deuxième argument avancé pour justifier les lois antirévisionnistes consiste à prétendre que l’« entreprise négationniste (…) relève de l’antisémitisme, lequel n’est pas une opinion mais un délit ».[2]

Dans un premier temps, je répondrai que si le lien entre le révisionnisme et l’antisémitisme était si évident, si manifeste, il n’y aurait pas eu besoin, en France par exemple, d’une loi antirévisionniste ; le dispositif légal de 1972, réprimant le racisme (donc l’antisémitisme), aurait suffi.

En vérité, le lien est si peu évident qu’il faut un habile raisonnement pour prétendre l’établir. Ce raisonnement, je l’ai entendu plusieurs fois, sorti de la bouche même des avocats qui, dans des procès, plaidaient contre nous (je pense notamment à Me Lorach et Me Korman). Le voici, à peine résumé :

« Depuis des siècles, les antisémites véhiculent l’image des Juifs qui mentiraient et se livreraient à des manœuvres malhonnêtes pour voler de l’argent et ainsi, devenir le peuple le plus puissant de la terre (cf. Les Protocoles des Sages de Sion). C’est exactement le message des négationnistes, car ils disent qu’on ment avec des histoires de Shoah, que l’on est assez puissants pour imposer ce mensonge au monde entier et que l’on en profite pour voler de l’argent à l’Allemagne, à la Suisse, à l’Autriche, etc. Conclusion : le négationnisme est une forme moderne de l’antisémitisme traditionnel. Aujourd’hui, on ne dit plus : « Mort aux Juifs », mais « Les Juifs ne sont pas morts » ; l’objectif final est cependant le même ».

Dans ce raisonnement, une phrase est capitale : « Ils disent qu’on ment avec nos histoires de Shoah ». Certes. Mais si, effectivement, la Shoah n’est qu’un mythe ? Que dire de ceux qui fuient tout débat depuis plus de 30 ans afin de pouvoir continuer à raconter leurs histoires ? : ne sont-ils pas des menteurs conscients ? Que dire des lois votées un peu partout pour protéger ce mensonge historique, et celui-là seul ? : ne sont-elles pas la preuve de la puissance de certains lobbies juifs ? Et que dire des milliards versés à Israël par l’Allemagne en « réparations » du (prétendu) génocide ? : ne s’agit-il pas d’une énorme escroquerie ?

On le voit : l’argumentaire développé par les avocats juifs repose entièrement sur la réalité du (prétendu) « Holocauste ». Si cette réalité est controversée, l’argumentaire s’effondre comme un vulgaire château de cartes. Avant, donc, de l’utiliser, il faudrait permettre la libre recherche et la libre confrontation des points de vues. Il faudrait permettre un débat ouvert et loyal sur le (prétendu) « Holocauste ».

Or, c’est précisément cet argument – péremptoire – qui est utilisé pour interdire non seulement tout débat, mais aussi toute expression publique des thèses révisionnistes. En conséquence, la situation est celle-ci : on nous dit : l’« Holocauste » est une vérité historique, donc le nier relève de l’antisémitisme. Mais l’antisémitisme est un délit donc la contestation de la réalité de l’ « Holocauste » doit être interdite.

Dépouillé de toutes ces étapes intermédiaires, ce raisonnement devient : « l’Holocauste » est une réalité, il n’y a pas à discuter de cela, donc ceux qui veulent en discuter doivent être condamnés. » Nous nageons dans le plus affreux des arbitraires.

Un troisième argument en faveur des lois antirévisionnistes consiste à dire que la contestation de l’ « Holocauste » vise à rétablir le national-socialisme.

Sans doute. Mais si, effectivement, la Shoah n’est qu’une calomnie, alors les personnes qui en sont accusées et, plus généralement, le régime qui en est accusé doivent être réhabilités sur ce point. Ce n’est que justice.

On me répondra que l’entreprise révisionniste cherche in fine une réhabilitation globale du national-socialisme afin de frayer à nouveau la voie à cette idéologie.

– Dois-je en déduire que, débarrassé de l’accusation n° 1 portée contre lui, l’hitlérisme exercerait un attrait irrésistible sur les masses, tant il s’agirait d’une idéologie positive ?

– Mon Dieu, non !, me rétorquera-t-on. Avec ou sans Shoah, le nazisme reste une idéologie odieuse par son impérialisme, son mépris des autres et sa négation absolue de la liberté individuelle.

– Alors, que craignez-vous ? Puisque cette idéologie est une horreur, pourquoi avez-vous peur de la voir réhabilitée ? Et, surtout, puisque, avec ou sans Shoah, le national-socialisme reste indéfendable, alors pourquoi cette loi qui interdit de contester l’existence de crimes contre l’humanité ?

On le voit, loin de justifier l’existence de la loi Gayssot, ce troisième argument se retourne au contraire contre ceux qui le lancent. Car il démontre finalement que pour les anti-révisionnistes, il ne s’agit pas de défendre une vérité historique, mais une « vérité » politique qui leur sert d’arme dans le combat idéologique. Le prétendu « Holocauste », c’est l’assurance qu’aucun débat serein et loyal ne sera jamais possible qui permettrait de comparer objectivement la pertinence des idéaux libéraux et celle des idéaux fascistes. En verrouillant l’histoire, on verrouille la discussion politique. Exemple flagrant d’abus de pouvoir !

Reste un quatrième argument, d’essence sioniste : « En niant la Shoah, nous dit-on, vous voulez saper la légitimité d’Israël et, ainsi, permettre un nouvel « Holocauste. »

Tout d’abord, je soulignerai que ces considérations géopolitiques n’ont pas à intervenir dans une controverse qui, par nature, reste exclusivement sur le terrain de l’Histoire. Les Allemands ont ou n’ont pas exterminé les juifs entre 1941 et 1945. C’est l’un ou l’autre, et la bonne réponse ne saurait dépendre des événements actuels au Moyen-Orient. Dans ce débat, c’est l’historien qui doit répondre, pas le géopoliticien et encore moins le sioniste.

J’ajouterai que la vérité sur le prétendu « Holocauste » aura nécessairement des répercussions au Moyen-Orient. À partir de 1945 (voire même dès 1942) les sionistes ont utilisés les bobards de guerre alliés pour appuyer leurs projets. Ce n’est pas un hasard si Israël a vu le jour moins de deux ans après la fin du grand procès de Nuremberg qui officialisa le mythe. Sans la Shoah, Israël n’aurait pas vu le jour. Dès lors, avec l’effondrement du mythe, l’État juif s’écroulera nécessairement.

Y aura-t-il pour autant un nouvel « Holocauste » ? Je ne le crois pas, même si des débordements inévitables surviendront certainement. Mais que voulez-vous ? On ne peut pas impunément maintenir une situation d’injustice pendant plus de 60 ans… Un jour ou l’autre, il faut payer. Personnellement, je pense que les Juifs gagneront beaucoup à évacuer pacifiquement Israël plutôt qu’à s’acharner à rester jusqu’au jour – inévitable – où l’expulsion surviendra.

Bien que cela puisse paraître cynique, je déclare que, tout bien pesé, la victoire du révisionnisme serait un moindre mal pour les sionistes.

La conclusion de tout cela ? C’est que rien, absolument rien, ne justifie les lois dites antirévisionnistes. Celles-ci ne sont que des abus de pouvoir perpétrés par des individus qui craignent les discussions politiques et géopolitiques. Des individus qui espèrent maintenir aussi longtemps que possible un état des choses voulus par eux.

Pour l’instant, les peuples du monde occidental cautionnent, consciemment ou non, ce mythe. Ils l’acceptent parce qu’ils voient ou sentent confusément que le Nouvel Ordre mondial garant de leurs pulsions hédonistes trouve dans l’ « Holocauste » une arme permettant d’empêcher radicalement toute discussion gênante, donc toute remise en question déchirante.

Peu importe qu’il s’agisse d’une calomnie proférée contre des millions d’hommes (d’Hitler à Pie XII en passant par des personnes morales comme la Croix-Rouge) ; peu importe que cette calomnie soit aussi à l’origine du drame de tout un peuple : le peuple palestinien. « J’ai Internet, mon portable, mon écran plat, etc., voilà où je mets mon idéal de vie. Pour le reste, j’espère juste que, le temps aidant, tout s’arrangera et que tout le monde pourra un jour bénéficier de mon standing de vie…»

Cette indifférence quasi-générale ne doit cependant pas nous accabler. Car notre devoir est de nous opposer au mensonge, à l’injustice et à la calomnie. Nous devons donc agir sans nous soucier ni de la réussite, ni de la défaite. Nous devons répéter sans cesse : les prétendues « chambres à gaz » homicides dans les camps allemands n’ont pas existé, l’« Holocauste » est un mythe, les « six millions » une estimation délirante et les lois antirévisionnistes des abus de pouvoir indignes de sociétés éclairées.

On me reproche d’être une « tête brûlée », de me revendiquer du catholicisme traditionaliste et du national-socialisme. La plupart de ceux qui le font ne m’ont pas lu. Ils ignorent aussi bien ce que sont mon catholicisme et mon national-socialisme. Qu’ils commencent par me lire. Ensuite, on pourra discuter sur du concret.

Les forces que nous combattons sont très puissantes. Mais fondées sur le mensonge, leurs pieds sont en argile. Prenez l’exemple de la répression : grâce à une loi taillée sur mesure, les puissants peuvent nous pourchasser, nous juger, nous condamner, nous voler notre argent, nous arracher à nos familles et nous jeter entre quatre murs sinistres. Sur le moment, lorsque le peuple se fait complice par son approbation ou son silence apeuré, cette façon d’agir peut paraître d’une redoutable efficacité.

Mais le jour où, suite à des événements extérieurs, les consciences changeront et les tabous vacilleront, le traitement qui nous aura été infligé témoignera avec force pour nous et contre eux. « Quoi ! Ils n’avaient que leurs stylos ; ils réclamaient un débat loyal pour confronter les arguments et vous, vous qui possédiez des millions, les télévisions, les radios et les journaux, vous les avez pourchassés, condamnés, ruinés, jetés en prison, arrachés à leurs familles ! C’étaient des antisémites, des fachos, des nazis, dites-vous ? Allons bon ! La valeur d’un argument ne dépend pas de celui qui l’avance ; cette valeur est intrinsèque. Ils menaçaient la sécurité ? Allons bon ! Au milieu du chahut fait par vos télévisions, leurs voix n’étaient pas un cri ni même un chuchotement, mais un simple murmure. Mais pour vous, ce murmure, c’était trop. Vous deviez vraiment craindre la force de leur message pour réagir ainsi. Or, seule la vérité a de la force. Aussi cela me suffit-il pour conclure qui, dans cette affaire, disait vrai.»

Telle est la raison pour laquelle aujourd’hui, nous devons souffrir. Contrairement à ce que certains pensent, nos souffrances ne sont pas vaines ; elles sont comme des graines que nous semons.

Demain, la récolte sera abondante.

Vincent Reynouard,

Forest, en Belgique, le 18 août 2010.

_________________________________________
[1] Je parle de la liberté au sens moderne du mot, c’est-à-dire de la liberté individuelle, fondée sur les droits de l’homme selon lesquels il n’y a pas de nature humaine, l’individu se construisant chaque jour selon sa volonté propre, une volonté qui, pour se déployer, doit être assurée des libertés essentielles.

[2] Argument développé encore une fois il y a peu par l’avocat de l’Association des fils et filles de déportés juifs de France, Me Didier Bouthors, devant la Cour de cassation (voy. La Croix, 10 mai 2010).

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3 réponses à “Message de Vincent Reynouard sur la Liberté d’expression

  1. Pingback: Messaggio da Vincent Reynouard sulla libertà d’espressione | Comité de soutien à Vincent Reynouard

  2. Tous les droits de l’homme sont fondés sur ce commandement : « ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’ils vous fassent. » Ils supposent d’abord les valeurs de « vérité » et de « justice ».

    C’est la raison qui nous fait affirmer cela. La raison est universelle dans le genre humain. En revanche l’humanité est divisée de croyances.

    La vérité nous fait voir aussi que nous n’avons pas demandé à vivre et qu’en conséquence nous appartenons à celui qui nous a appelés à la vie : Dieu. Partant, nous n’avons aucun titre à disposer des autres, ni même de notre propre vie. A l’égard des autres, nous sommes parfaitement égaux en droits fondamentaux entre nous.

    Je ne pense pas que la loi Gayssot respecte l’égalité de tous, car elle incrimine, non un appel à des actes illicites, pour lesquels l’Etat aurait un titre à la répression (violation des droits universels de l’homme) mais une opinion historique.

    La liberté d’expression n’a pour limite que les autres droits de l’homme (article 30 de la déclaration universelle des droits de l’homme).

    La liberté libérale est posée en dehors de la raison, elle est une valeur en soi. Si cela était vrai, seule les bêtes seraient libres puisqu’elles sont libres à l’égard de la raison, or seul l’homme est libre. Il y a une parenté entre Rousseau, Darwin et Marx. Pour eux trois, l’homme n’est qu’une bête et la raison n’a aucune valeur. En conséquence, la culture qui existe par la façon particulière d’utiliser sa raison, n’a pas de valeur non plus. Selon ces idéologues, seul compte, seul existe vraiment, l’instinct bestial chez l’homme, le reste est hypocrisie. Il appellent l’instinct déchaîné : « liberté ».

    Je suis navré de vous le dire, mais il me semble que l’idéologie nationale-socialiste du « Blut und Boden » est également tributaire de ces idées. Il s’agit de se libérer de la culture. Ils opposaient la vie à la culture.

    Ceux qui disent que le fascisme est une idéologie moderne exaltant la volonté et méprisant la raison, une idéologie en contradiction avec la civilisation européenne et la culture française et autres n’ont pas tort. C’est pourquoi je suis opposé à toute réhabilitation des idéologies du national-socialisme et même du fascisme en général.

    Comme le dit la déclaration universelle des droits de l’homme (auteur René Cassin), l’homme est doué de raison et de conscience. J’ajouterais d’ailleurs qu’il a des droits, même s’il ne jouit pas actuellement de sa raison et de sa conscience.

    L’Etat n’a de titre à limiter la liberté des citoyens que si cette limitation est fondée en raison. Bien évidemment, et par principe juridique, la liberté des individus et des familles est la règle, la limitation l’exception.

    En conclusion, je me permets de vous rappeler cet aphorisme nietzschéen : « C’est lorsque l’on vient d’échapper à un danger, que l’on est dans un plus grand risque de succomber à un plus grand. » (cité de tête)

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