Une radio a osé parler de l’incarcération de Vincent Reynouard!

Jusqu’à présent les médias ont observé un silence complet sur l’emprisonnement de Vincent Reynouard. Nous avons appris qu’aucune agence de presse n’avait diffusé l’information. Une radio vient de briser l’omertà: Radio Courtoisie, 95.6 mHz: Honneur à elle !

Ce matin, mardi 31 août, était rediffusée sur cette radio une émission diffusée en direct hier soir, lundi 30 août, qui avait pour titre « Le Rendez-Vous politique de la réinformation », émission consacrée, entre autres, à l’insécurité et aux prisons. Présents : Henry de Lesquen, président de Radio Courtoisie, Jean-Philippe Arlaud, ancien commandant de police, Jean-Yves Le Gallou, président de Polémia, Eric Letty, directeur de la rédaction de Monde & Vie. Annonçant la seconde partie de l’émission, Henry de Lesquen explique: « J’aurais envie de commencer d’ailleurs la seconde partie de cette émission en disant qu’il y a au moins des délits pour lesquels on trouve des places dans les prisons, ce sont les délits d’opinion puisqu’on vient de jeter Monsieur Vincent Reynouard en prison en France pour un délit d’opinion, le seul délit d’opinion, à ma connaissance ­ bon, ce n’est pas le seul mais en tout cas c’est celui qui est pénalisé le plus gravement ­ qui est le délit de révisionnisme ou encore on dit ‘négationnisme’, c’est-à-dire que Vincent Reynouard est un militant ­ ce n’est pas un historien, c’est un militant révisionniste ­ et en raison de ses opinions il a été mis en prison; il n’a pas été condamné à une amende: il a été condamné à de la prison. Voilà. Je vous donne rendez-vous, chers amis de Radio Courtoisie, dans deux minutes. » Et deux minutes plus tard:

[Annonce des sujets qui vont être traités] 6°/ La mise en détention pour un délit d’opinion de notre compatriote Vincent Reynouard. (…) Nous allons donc parler du cas de Vincent Reynouard qui est donc en prison, dans une prison française, après avoir été extradé de Belgique [en vertu d’un mandat d’arrêt européen]. Le seul crime qu’il ait commis ou le seul délit qu’il ait commis, c’est d’avoir émis une opinion interdite sur le sujet des chambres à gaz dans les camps de concentration.

– JYLG :  Il a diffusé un opuscule de 16 pages, je crois, révisionniste, qui lui a donc valu d’être condamné à un an de prison par la Cour d’appel de Colmar ­ en première instance, d’abord, puis par la Cour d’appel de Colmar ensuite. Alors, vous me direz: un an de prison, en général, quand on est condamné à un an de prison, on ne le fait pas puisque justement on manque de place dans les prisons et là, en l’occurrence, on a trouvé une place; en l’occurrence, ce père de famille de 8 enfants a eu beaucoup de chance puisqu’on lui a trouvé une place dans une prison! Il était en Belgique et le gouvernement français a obtenu son extradition et il est maintenant en détention à la prison de Valenciennes. C’est quand même un événement dont la presse n’a absolument pas parlé. Or, la réinformation, ça consiste à parler aussi des événements réels dont la presse et les grands médias ne parlent pas; et c’est un événement important puisque c’est la première fois en France, depuis très, très longtemps, que quelqu’un est en prison exclusivement ­ non pas pour un acte, non pas pour une violence, non pas pour un vol ­ exclusivement pour l’émission d’une opinion. Alors, on va dire, effectivement: « Ah oui, mais, c’est une opinion odieuse« , ce qui n’est évidemment pas un argument. La question de savoir si l’opinion est odieuse ou pas n’est pas un argument pour savoir si on doit mettre quelqu’un en prison puisque jamais aucun régime n’a mis en prison les gens dont il trouvait les idées sympathiques: ni Mao, ni Staline, ni Kim Il-Sung, personne ne met en prison les gens dont il trouve les idées sympathiques.

Donc dire « il a des idées odieuses » ce n’est évidemment pas un argument recevable; de même que dire: « Oui mais c’est contraire à la vérité » n’est pas non plus recevable dans la mesure où dans les domaines historiques, dans les domaines scientifiques ou dans les domaines politiques on considère, dans les sociétés européennes ­ depuis très longtemps parce que ça ne remonte pas seulement à la Déclaration des droits de l’homme, ni à la Renaissance, ça remonte à la réforme papale du XIe siècle et même au-delà, aux Grecs: est vrai dans ces domaines-là ce qui est librement réfutable; c’est-à-dire qu’on peut dire: une proposition est vraie si d’autres peuvent essayer de démontrer qu’elle est fausse. Eh bien, malgré cela, Vincent Reynouard est en prison, en France, pour délit d’opinion et ça, je crois que c’est un événement qui mérite d’être souligné. Cela a valu à la France ­ c’est quand même un peu triste ­ des déclarations des autorités iraniennes et des autorités vénézuéliennes pour condamner cette atteinte aux libertés, ce qui est évidemment un petit peu ironique mais, après tout, la vérité c’est qu’effectivement il y a des choses qu’on peut dire à Paris et pas à Téhéran, mais il y a aussi des choses qu’on peut dire à Téhéran mais qu’on ne peut pas dire à Paris.


– HdL: Allez dire à Téhéran que Mahomet n’est pas…

– JYLG: Voilà! C’est permis à Paris mais c’est pas permis à Téhéran, par contre d’autres choses qui ne sont pas permises à Paris sont permises à Téhéran. En tout cas ça pose véritablement le problème de la liberté d’expression et le fait qu’on mette en prison, pour la première fois vraiment depuis très, très longtemps, quelqu’un EXCLUSIVEMENT pour des écrits, eh bien, c’est effectivement préoccupant parce qu’il ne faut pas se faire d’illusions: aujourd’hui on commence par un cas de délit d’opinion révisionniste mais je signale que la même loi prévoit de mettre en prison ­ même si on ne le fait pas pour le moment ­ pour délit d’opinion « raciste » et on sait très bien que des tas de gens ont été condamnés et pas seulement d’ailleurs, par parenthèse, à « l’extrême droite », mais dans tous les milieux…


– HdL: Brice Hortefeux…

– JYLG: Je n’osais pas le dire! …pour des propos qui n’étaient pas politiquement corrects, dans le domaine de l’immigration ou dans d’autres domaines. Je crois qu’il est extrêmement grave, extrêmement grave, vraiment, je pèse mes mots, de mettre quelqu’un en prison pour délit d’opinion, en France, en 2010. Alors, il y a un historien qui fait circuler une pétition, d’ailleurs bien écrite: Monsieur Blanrue. Cette pétition, nous l’avons mise à disposition, à connaissance des lecteurs de Polémia puisqu’elle est en ligne sur Polémia mais elle circule aussi… C’est d’ailleurs intéressant de voir qu’elle suscite un intérêt de milieux extrêmement différents car je crois que la liberté d’expression c’est un sujet qui mérite de s’y intéresser au-delà des clivages politiques.


– HdL: Jean-Yves Le Gallou, demander la libération de quelqu’un qui est en prison pour une opinion qu’il a soutenue, ce n’est pas soutenir l’opinion. M. Badiou, par exemple, est un philosophe marxiste. Il dit beaucoup de bien de Staline, Lénine, Marx, Engels, bien sûr, mais aussi Mao et Pol Pot, ses opinions sont odieuses, mais s’il y avait une loi qui permettrait de mettre en prison M. Badiou pour ses opinions je serais le premier à signer une pétition pour la libération de M. Badiou. Vous aussi, je suppose, Eric Letty?

– EL: Oui, tout à fait. Ou de Georges Frêche, qui aime bien les statues…


– HdL: Vous êtes pour la libération de M. Badiou. [inaudible] Eh bien, ce qu’il faut dire c’est que, d’une part, effectivement il y a deux principes de liberté ­ c’est bien la peine d’avoir une devise qui s’appelle Liberté Egalité Fraternité pour qu’on ose mettre en prison quelqu’un qui a une opinion non conforme à l’opinion dominante: la loi du 13 juillet 1990 qui a permis de mettre M. Vincent Reynouard en prison en France ­ Vincent Reynouard qui est français d’ailleurs, habitant la Belgique…

– JYLG: Il était réfugié en Belgique; il aurait pu se réfugier plus loin, peut-être, je ne sais pas… [Vincent Reynouard rappelle ici qu’il est allé en Belgique après sa révocation de l’éducation nationale car on un ami lui proposait de l’accueillir alors qu’il était ruiné.]


– HdL: La loi du 13 juillet 1990 c’est la loi Gayssot. M. Gayssot était un député communiste, donc une loi communiste, d’esprit totalitaire, qui impose une opinion par la force de la loi. Et ça c’est dramatique. C’est dramatique, d’ailleurs, parce que, en fait, c’est contre-performant parce que les gens qui ne sont pas historiens, comme moi, et qui se disent « 
Mais enfin, c’est quand même bizarre: on n’a pas fait une loi pour interdire aux gens de dire que la Terre est plate. Si quelqu’un veut dire que la Terre est plate on ne peut pas le lui interdire. Vraiment, quel est le problème? » et on fait une loi pour punir les gens qui prétendent que les morts dans les camps de concentration allemands ne sont pas morts avec le gaz mais d’une autre manière. Bon, ça c’est assez incompréhensible. Cela s’appelle le délit de contestation de crimes contre l’humanité et c’est un délit passible de la peine de prison. Le problème c’est que, quand on n’est pas spécialiste d’une question, on fait confiance aux spécialistes de la question, aux historiens en l’occurrence. Mais à une condition! C’est que la liberté de discussion soit possible. Comment peut-on faire confiance à des spécialistes d’une question s’il n’y a pas de possibilité de contredire et si on n’oblige pas ceux qui défendent la position officielle à réfuter? Et ça va très loin: en dehors de la question de la loi proprement dite, le terrorisme intellectuel peut suffire. Dans la question du climat il a presque réussi, jusqu’à une date récente, à empêcher un vrai débat sur la thèse du réchauffement climatique soutenue par le GIEC (Organisation météorologique mondiale). Donc il faut vraiment accepter la liberté de discussion. Donc cette loi est monstrueuse dans son principe. J’ajoute, puisque je rappelle, Eric Letty, aux auditeurs de Radio Courtoisie que vous êtes directeur de la rédaction de Monde & Vie et que votre revue est une revue catholique, qui se proclame comme telle: ce qui est grave dans cette affaire, c’est qu’on a institué une loi contre le blasphème. On peut dire en France les pires horreurs sur Jésus de Nazareth, Jésus-Christ, qui est le Messie des chrétiens…

– EL: Malheureusement on ne s’en prive pas.


– HdL: …on ne s’en prive pas. Mais on ne risque rien. On n’ira pas en prison quand on aura dit les pires horreurs sur Jésus. On peut même d’ailleurs prétendre qu’il n’a pas existé, on n’ira pas en prison non plus, aussi absurde que soit cette thèse. Mais si on commet le blasphème, non pas contre la religion du Golgotha, le christianisme, mais contre la religion de la Shoah, alors, là, on va en prison. La loi Gayssot est une loi qui punit le blasphème contre la religion de la Shoah. Alors, il faudrait savoir si c’est la religion officielle de la République française et si on a le droit de blasphémer la religion chrétienne mais pas la religion de la Shoah.

– EL: Je crois qu’il y a quelque chose qui est assez incompréhensible, d’ailleurs, c’est que, outre le fait, comme le disait Jean-[Yves] Le Gallou, moi je suis historien quand même de formation, que l’histoire en soi se fait à travers des opinions contradictoires. Ça, c’est très net. Et donc là on sort de l’histoire; la loi Gayssot ferme l’histoire, en fait. Je ne suis pas du tout révisionniste et j’en parle d’autant plus librement…


– HdL: Si vous l’étiez vous ne pourriez pas le dire! Alors ce n’est pas la peine de le dire. Moi je le dirais volontiers si c’était libre mais, franchement…

– EL: Quoi qu’il en soit, je veux dire que le domaine historique est là fermé et remplacé par un domaine, effectivement, qui relève du dogme. Mais, ensuite, quand on nous parle de… il faudrait savoir où on se situe, si l’on se situe dans une espèce de religion, comme vous le disiez, d’Etat, ou pas, mais…


– HdL: J’espère qu’il y a une religion de la Shoah qui est protégée par des lois contre le blasphème!

[Ici, Eric Letty explique que le débat sur le révisionnisme est totalement libre aux Etats-Unis, ce qui n’est vrai que dans la théorie, nos correspondants le savent bien, hélas – NDLR]

– EL: Vous disiez tout à l’heure que c’était la première fois depuis très longtemps qu’il y avait quelqu’un qui avait été incarcéré pour un délit d’opinion. Oui, mais je vous rappellerai quand même que, sur un thème qui est celui de l’avortement, le Dr Dor avait été condamné à des peines de prison pour avoir récité un rosaire devant un hôpital; on n’est quand même pas très très loin…


– HdL: Ce n’était pas un délit d’opinion! Non, non. Ce n’était pas une question d’opinion. Non, non. Je dois dire que sur cette loi antirévisionniste Gayssot, ce qui est extravagant, c’est qu’on ne sait pas où commence et où finit le révisionnisme parce que : est-ce que le fait de nier, par exemple, l’authenticité de la chambre à gaz du Struthof en Alsace c’est déjà du révisionnisme? Ou bien est-ce que dire qu’il n’y avait pas deux chambres à gaz à tel endroit mais une seule c’est du révisionnisme? Si on dit qu’il n’y avait pas eu 6 millions de morts mais 5 millions 500 000, alors on va nous dire « 
Mais vous tuez une deuxième fois les 500 000 morts que vous ôtez de la statistique! » Et ainsi de suite. C’est absurde.

– JYLG: Henry, avant de venir, il se trouve que j’ai regardé le livre d’Histoire que j’ai eu en Terminale, il y a beaucoup d’années, il y a 40 ans… Mais enfin, bon, c’était un livre d’Histoire, dans une collection dirigée par Jean-Baptiste Duroselle, qui est tout de même un très grand historien, et qui était diffusé dans à peu près 80% des lycées à l’époque: eh bien, le texte dans le chapitre consacré à la seconde guerre mondiale ­la période d’histoire étudiée à l’époque dans les Terminales, c’était 1914-1945 ­ dans le chapitre sur la seconde guerre mondiale, le passage qui concerne ces événements serait aujourd’hui susceptible d’être condamné pour révisionnisme, ce qui pose quand même un véritable problème. Alors peut-être qu’on a raison aujourd’hui et qu’on avait tort il y a 40 ans, bien sûr…


– HdL: Mais on n’a pas raison de mettre les gens en prison pour leurs opinions, ça, non!

– JYLG: Je crois qu’au-delà même de ces aspects on touche à un aspect philosophique par rapport à l’identité européenne qui est que, sur les sujets non religieux, le critère essentiel, je dirais même unique, de la vérité, c’est la réfutabilité, la possibilité de réfuter, la possibilité de discuter. Et donc, là, je crois qu’il y a une atteinte grave aux libertés et le problème, comme toujours, est que ça commence comme ça, on sait comment ça commence, on ne sait pas comment ça continuera.


– EL: Si je peux me permettre de prolonger le paradoxe que vous évoquiez tout à l’heure à propos de Jean-Baptiste Duroselle: il faut se rappeler quand même que Paul Rassinier, qui est tout de même le… le…

– HdL: …fondateur de l’école révisionniste française


– EL: …était un ancien déporté qui était du parti socialiste et aujourd’hui, si la loi Gayssot lui avait été appliquée, il passait d’un camp de concentration allemand à une prison française…

[Changement de sujet]

Jusqu’à présent les médias ont observé un silence complet sur l’emprisonnement de Vincent Reynouard. Nous avons appris qu’aucune agence de presse n’avait diffusé l’information. Une radio vient de briser l’omertà: Radio Courtoisie, 95.6 mHz: Honneur à elle!

Ce matin, mardi 31 août, était rediffusée sur cette radio une émission diffusée en direct hier soir, lundi 30 août, qui avait pour titre « Le Rendez-Vous politique de la réinformation », émission consacrée, entre autres, à l’insécurité et aux prisons. Présents: Henry de Lesquen, président de Radio Courtoisie, Jean-Philippe Arlaud, ancien commandant de police, Jean-Yves Le Gallou, président de Polémia, Eric Letty, directeur de la rédaction de « Monde & Vie ». Annonçant la seconde partie de l’émission, Henry de Lesquen explique: « J’aurais envie de commencer d’ailleurs la seconde partie de cette émission en disant qu’il y a au moins des délits pour lesquels on trouve des places dans les prisons, ce sont les délits d’opinion puisqu’on vient de jeter Monsieur Vincent Reynouard en prison en France pour un délit d’opinion, le seul délit d’opinion, à ma connaissance ­ bon, ce n’est pas le seul mais en tout cas c’est celui qui est pénalisé le plus gravement ­ qui est le délit de révisionnisme ou encore on dit ‘négationnisme’, c¹est-à-dire que Vincent Reynouard est un militant ­ ce n’est pas un historien, c’est un militant révisionniste ­ et en raison de ses opinions il a été mis en prison; il n’a pas été condamné à une amende: il a été condamné à de la prison. Voilà. Je vous donne rendez-vous, chers amis de Radio Courtoisie, dans deux minutes. » Et deux minutes plus tard:

[Annonce des sujets qui vont être traités] 6°/ La mise en détention pour un délit d’opinion de notre compatriote Vincent Reynouard. (…) Nous allons donc parler du cas de Vincent Reynouard qui est donc en prison, dans une prison française, après avoir été extradé de Belgique [en vertu d’un mandat d’arrêt européen]. Le seul crime qu’il ait commis ou le seul délit qu’il ait commis, c’est d’avoir émis une opinion interdite sur le sujet des chambres à gaz dans les camps de concentration.
‹ JYLG: Il a diffusé un opuscule de 16 pages, je crois, révisionniste, qui lui a donc valu d’être condamné à un an de prison par la Cour d’appel de Colmar ­ en première instance, d’abord, puis par la Cour d’appel de Colmar ensuite. Alors, vous me direz: un an de prison, en général, quand on est condamné à un an de prison, on ne le fait pas puisque justement on manque de place dans les prisons et là, en l’occurrence, on a trouvé une place; en l’occurrence, ce père de famille de 8 enfants a eu beaucoup de chance puisqu’on lui a trouvé une place dans une prison! Il était en Belgique et le gouvernement français a obtenu son extradition et il est maintenant en détention à la prison de Valenciennes. C’est quand même un événement dont la presse n’a absolument pas parlé. Or, la réinformation, ça consiste à parler aussi des événements réels dont la presse et les grands médias ne parlent pas; et c¹est un événement important puisque c’est la première fois en France, depuis très, très longtemps, que quelqu’un est en prison exclusivement ­ non pas pour un acte, non pas pour une violence, non pas pour un vol ­ exclusivement pour l’émission d’une opinion. Alors, on va dire, effectivement: « Ah oui, mais, c¹est une opinion odieuse », ce qui n’est évidemment pas un argument. La question de savoir si l’opinion est odieuse ou pas n’est pas un argument pour savoir si on doit mettre quelqu’un en prison puisque jamais aucun régime n’a mis en prison les gens dont il trouvait les idées sympathiques: ni Mao, ni Staline, ni Kim Il-Sung, personne ne met en prison les gens dont il trouve les idées sympathiques.
Donc dire « il a des idées odieuses » ce n’est évidemment pas un argument recevable; de même que dire: « Oui mais c’est contraire à la vérité » n’est pas non plus recevable dans la mesure où dans les domaines historiques, dans les domaines scientifiques ou dans les domaines politiques on considère, dans les sociétés européennes ­ depuis très longtemps parce que ça ne remonte pas seulement à la Déclaration des droits de l’homme, ni à la Renaissance, ça remonte à la réforme papale du XIe siècle et même au-delà, aux Grecs: est vrai dans ces domaines-là ce qui est librement réfutable;
c¹est-à-dire qu¹on peut dire: une proposition est vraie si d’autres peuvent essayer de démontrer qu’elle est fausse. Eh bien, malgré cela, Vincent Reynouard est en prison, en France, pour délit d’opinion et ça, je crois que c’est un événement qui mérite d’être souligné. Cela a valu à la France ­ c’est quand même un peu triste ­ des déclarations des autorités iraniennes et des autorités vénézuéliennes pour condamner cette atteinte aux libertés, ce qui est évidemment un petit peu ironique mais, après tout, la vérité c’est qu’effectivement il y a des choses qu’on peut dire à Paris et pas à Téhéran, mais il y a aussi des choses qu’on peut dire à Téhéran mais qu’on ne peut pas dire à Paris.

‹ HdL: Allez dire à Téhéran que Mahomet n¹est pas…

‹ JYLG: Voilà! C’est permis à Paris mais c’est pas permis à Téhéran, par contre d’autres choses qui ne sont pas permises à Paris sont permises à Téhéran. En tout cas ça pose véritablement le problème de la liberté d’expression et le fait qu’on mette en prison, pour la première fois vraiment depuis très, très longtemps, quelqu’un EXCLUSIVEMENT pour des écrits, eh bien, c’est effectivement préoccupant parce qu’il ne faut pas se faire d’illusions: aujourd’hui on commence par un cas de délit d’opinion révisionniste mais je signale que la même loi prévoit de mettre en prison ­ même si on ne le fait pas pour le moment ­ pour délit d’opinion « raciste » et on sait très bien que des tas de gens ont été condamnés et pas seulement d’ailleurs, par parenthèse, à « l’extrême droite », mais dans tous les milieux…

‹ HdL: Brice Hortefeux…

‹ JYLG: Je n’osais pas le dire! …pour des propos qui n’étaient pas politiquement corrects, dans le domaine de l’immigration ou dans d’autres domaines. Je crois qu’il est extrêmement grave, extrêmement grave, vraiment, je pèse mes mots, de mettre quelqu’un en prison pour délit d’opinion, en France, en 2010. Alors, il y a un historien qui fait circuler une pétition, d’ailleurs bien écrite: Monsieur Blanrue. Cette pétition, nous l’avons mise à disposition, à connaissance des lecteurs de Polémia puisqu’elle est en ligne sur Polémia (*) mais elle circule aussi… C’est d’ailleurs intéressant de voir qu’elle suscite un intérêt de milieux extrêmement différents car je crois que la liberté d’expression c’est un sujet qui mérite de s’y intéresser au-delà des clivages politiques.

‹ HdL: Jean-Yves Le Gallou, demander la libération de quelqu’un qui est en prison pour une opinion qu’il a soutenue, ce n’est pas soutenir l’opinion. M. Badiou, par exemple, est un philosophe marxiste. Il dit beaucoup de bien de Staline, Lénine, Marx, Engels, bien sûr, mais aussi Mao et Pol Pot, ses opinions sont odieuses, mais s’il y avait une loi qui permettrait de mettre en prison M. Badiou pour ses opinions je serais le premier à signer une pétition pour la libération de M. Badiou. Vous aussi, je suppose, Eric Letty?

‹ EL: Oui, tout à fait. Ou de Georges Frêche, qui aime bien les statues…

‹ HdL: Vous êtes pour la libération de M. Badiou. [inaudible] Eh bien, ce qu’il faut dire c’est que, d’une part, effectivement il y a deux principes de liberté ­ c’est bien la peine d’avoir une devise qui s’appelle Liberté Egalité Fraternité pour qu’on ose mettre en prison quelqu’un qui a une opinion non conforme à l’opinion dominante: la loi du 13 juillet 1990 qui a permis de mettre M. Vincent Reynouard en prison en France ­ Vincent Reynouard qui est français d’ailleurs, habitant la Belgique…

‹ JYLG: Il était réfugié en Belgique; il aurait pu se réfugier plus loin, peut-être, je ne sais pas…

‹ HdL: La loi du 13 juillet 1990 c’est la loi Gayssot. M. Gayssot était un député communiste, donc une loi communiste, d’esprit totalitaire, qui impose une opinion par la force de la loi. Et ça c’est dramatique. C’est dramatique, d’ailleurs, parce que, en fait, c’est contre-performant parce que les gens qui ne sont pas historiens, comme moi, et qui se disent « Mais enfin, c’est quand même bizarre: on n’a pas fait une loi pour interdire aux gens de dire que la Terre est plate. Si quelqu’un veut dire que la Terre est plate on ne peut pas le lui interdire. Vraiment, quel est le problème? » et on fait une loi pour punir les gens qui prétendent que les morts dans les camps de concentration allemands ne sont pas morts avec le gaz mais d’une autre manière. Bon, ça c’est assez incompréhensible. Cela s’appelle le délit de contestation de crimes contre l’humanité et c’est un délit passible de la peine de prison. Le problème c’est que, quand on n’est pas spécialiste d’une question, on fait confiance aux spécialistes de la question, aux historiens en l’occurrence. Mais à une condition! C’est que la liberté de discussion soit possible. Comment peut-on faire confiance à des spécialistes d’une question s’il n’y a pas de possibilité de contredire et si on n’oblige pas ceux qui défendent la position officielle à réfuter? Et ça va très loin: en dehors de la question de la loi proprement dite, le terrorisme intellectuel peut suffire. Dans la question du climat il a presque réussi, jusqu’à une date récente, à empêcher un vrai débat sur la thèse du réchauffement climatique soutenue par le GIEC (Organisation météorologique mondiale). Donc il faut vraiment accepter la liberté de discussion. Donc cette loi est monstrueuse dans son principe. J’ajoute, puisque je rappelle, Eric Letty, aux auditeurs de Radio Courtoisie que vous êtes directeur de la rédaction de « Monde & Vie » et que votre revue est une revue catholique, qui se proclame comme telle: ce qui est grave dans cette affaire, c’est qu’on a institué une loi contre le blasphème. On peut dire en France les pires horreurs sur Jésus de Nazareth, Jésus-Christ, qui est le Messie des chrétiens…

‹ EL: Malheureusement on ne s’en prive pas.

‹ HdL: …on ne s’en prive pas. Mais on ne risque rien. On n’ira pas en prison quand on aura dit les pires horreurs sur Jésus. On peut même d’ailleurs prétendre qu’il n’a pas existé, on n’ira pas en prison non plus, aussi absurde que soit cette thèse. Mais si on commet le blasphème, non pas contre la religion du Golgotha, le christianisme, mais contre la religion de la Shoah, alors, là, on va en prison. La loi Gayssot est une loi qui punit le blasphème contre la religion de la Shoah. Alors, il faudrait savoir si c’est la religion officielle de la République française et si on a le droit de blasphémer la religion chrétienne mais pas la religion de la Shoah.

‹ EL: Je crois qu’il y a quelque chose qui est assez incompréhensible, d’ailleurs, c’est que, outre le fait, comme le disait Jean-[Yves] Le Gallou, moi je suis historien quand même de formation, que l’histoire en soi se fait à travers des opinions contradictoires. Ça, c’est très net. Et donc là on sort de l’histoire; la loi Gayssot ferme l’histoire, en fait. Je ne suis pas du tout révisionniste et j’en parle d’autant plus librement…

‹ HdL: Si vous l’étiez vous ne pourriez pas le dire! Alors ce n’est pas la peine de le dire. Moi je le dirais volontiers si c’était libre mais, franchement…

‹ EL: Quoi qu’il en soit, je veux dire que le domaine historique est là fermé et remplacé par un domaine, effectivement,  qui relève du dogme. Mais, ensuite, quand on nous parle de… il faudrait savoir où on se situe, si l’on se situe dans une espèce de religion, comme vous le disiez, d¹Etat, ou pas, mais…

‹ HdL: J’espère qu’il y a une religion de la Shoah qui est protégée par des lois contre le blasphème!

[Ici, Eric Letty explique que le débat sur le révisionnisme est totalement libre aux Etats-Unis, ce qui n’est vrai que dans la théorie, nos correspondants le savent bien, hélas – NDLR]

‹ EL: Vous disiez tout à l’heure que c’était la première fois depuis très longtemps qu’il y avait quelqu’un qui avait été incarcéré pour un délit d’opinion. Oui, mais je vous rappellerai quand même que, sur un thème qui est celui de l’avortement, le Dr Dor avait été condamné à des peines de prison pour avoir récité un rosaire devant un hôpital; on n’est quand même pas très très loin…

‹ HdL: Ce n’était pas un délit d¹opinion! Non, non. Ce n’était pas une question d’opinion. Non, non. Je dois dire que sur cette loi antirévisionniste Gayssot, ce qui est extravagant, c’est qu’on ne sait pas où commence et où finit le révisionnisme parce que: est-ce que le fait de nier, par exemple, l’authenticité de la chambre à gaz du Struthof en Alsace c’est déjà du révisionnisme? Ou bien est-ce que dire qu’il n¹y avait pas deux chambres à gaz à tel endroit mais une seule c’est du révisionnisme? Si on dit qu’il n’y avait pas eu 6 millions de morts mais 5 millions 500 000, alors on va nous dire « Mais vous tuez une deuxième fois les 500 000 morts que vous ôtez de la statistique! » Et ainsi de suite. C¹est absurde. ‹ JYLG: Henry, avant de venir, il se trouve que j’ai regardé le livre d’Histoire que j’ai eu en Terminale, il y a beaucoup d’années, il y a 40 ans… Mais enfin, bon, c’était un livre d’Histoire, dans une collection dirigée par Jean-Baptiste Duroselle, qui est tout de même un très grand historien, et qui était diffusé dans à peu près 80% des lycées à l’époque: eh bien, le texte dans le chapitre consacré à la seconde guerre mondiale ­la période d’histoire étudiée à l’époque dans les Terminales, c’était 1914-1945 ­ dans le chapitre sur la seconde guerre mondiale, le passage qui concerne ces événements serait aujourd’hui susceptible d’être condamné pour révisionnisme, ce qui pose quand même un véritable problème. Alors peut-être qu’on a raison aujourd’hui et qu’on avait tort il y a 40 ans, bien sûr…

‹ HdL: Mais on n’a pas raison de mettre les gens en prison pour leurs opinions, ça, non!

‹ JYLG: Je crois qu’au-delà même de ces aspects on touche à un aspect philosophique par rapport à l’identité européenne qui est que, sur les sujets non religieux, le critère essentiel, je dirais même unique, de la vérité, c’est la réfutabilité, la possibilité de réfuter, la possibilité de discuter. Et donc, là, je crois qu’il y a une atteinte grave aux libertés et le problème, comme toujours, est que ça commence comme ça, on sait comment ça commence, on ne sait pas comment ça continuera.

‹ EL: Si je peux me permettre de prolonger le paradoxe que vous évoquiez tout à l’heure à propos de Jean-Baptiste Duroselle: il faut se rappeler quand même que Paul Rassinier, qui est tout de même le… le…

‹ HdL: …fondateur de l’école révisionniste française ‹ EL: …était un ancien déporté qui était du parti socialiste et aujourd’hui, si la loi Gayssot lui avait été appliquée, il passait d’un camp de concentration allemand à une prison française…

[Changement de sujet]

(*) http://www.polemia.com/article.php?id=3013
(*) http://www.radiocourtoisie.fr

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Une réponse à “Une radio a osé parler de l’incarcération de Vincent Reynouard!

  1. “Le seul crime qu’il ait commis ou le seul délit qu’il ait commis, c’est d’avoir émis une opinion interdite sur le sujet des chambres à gaz dans les camps de concentration.”

    Etrange cette focalisation sur les “chambres à gaz”. Même sans chambragaz et autres ADM sophistiquées, on peut exterminer tout un peuple. Or, Reynouard affirme que le génocide des juifs par les nazis ne s’est pas produit (avec ou sans chambre) parce qu’il n’a pas été planifié; c’est tout à fait différent. Et Lesquen, qui a coupé le sifflet à Faurisson sur l’ antenne de sa radio, le sait parfaitement. Alors pourquoi cette inexactitude ?

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