Nouvelles de Vincent

C’est en partie grâce à vos courriers, chers correspondants, que Vincent Reynouard – ingénieur chimiste de formation, issu de l’ISMRA (Institut des sciences de la matière et du rayonnement atomique) de Caen, en prison depuis 143 jours pour délit d’opinion, loin de sa femme et de ses 8 enfants – garde le moral. Pour preuve les extraits de lettre qui suivent (du 25 novembre) qui montrent une grande maîtrise de soi:

 

 

[…] Des Gitans m’ont également convié à venir dans leur camp. Ces Gitans sont très drôles. Ils me font si confiance que, ces derniers temps, j’ai eu carte blanche pour répondre aux lettres d’amour de leurs compagnes. Rédiger des mots d’amour à de parfaites inconnues est une expérience unique. Et moi qui suis mauvais en orthographe, les lettres que je lis me consolent en me montrant qu’il y a cent fois plus nul. Parfois j’ai même du mal à comprendre, tant les mots sont écorchés (à ce stade c’est de la boucherie!). Exemple: « Tu c deor ce dur pour mois aussi mes je vais y à river car je c que tu et la dans mes panser tous les jours et c sa kie me donne du courage (…) ne tinkiette pas je ne tes pas l’aiser je suis la mon amour et je ne te laiserait pas dackor. »

En prison, j’apprends aussi le langage carcéral, fait d’argot, d’expressions locales et de sigles. Exemple: la phrase « Zut! Mon assistante sociale m’a dit que j’avais peu d’espoir d’obtenir des remises de peine supplémentaires » devient « Putain! Ma cip m’a dit que c’était mort pour mes rps ».

Bref, me voici bientôt quadrilingue: français, anglais, gitan quasi analphabète et patois de la prison de Valenciennes. Je ne pense pas que, sur un CV, cette précision fasse bon effet.

[…]

A force d’être poli et gentil on se fait apprécier. La plupart des surveillants sont très compréhensifs. L’un d’entre eux m’a même dit : « N’en faites pas trop, on n’est pas habitué, ça nous déstabilise. » Il y a quelques jours, la chef de détention m’a demandé ma date de sortie : « Le 5 avril », ai-je répondu. Et elle de lâcher : « Déjà ? » « Tout dépend de quel côté on se place », ai-je souligné en souriant.

Bien que, conformément au désir du Directeur, je reste discret sur ce qui m’amène ici, mon profil particulier fait que des bruits courent et que la vérité en vient à être connue. Il y a peu, [un surveillant] m’a glissé : « Le négationnisme… Il y a plus grave, tout de même ! » Il était visiblement choqué du traitement qu’on m’infligeait. Je me dis que lorsque, dans la presse, on leur présentera les révisionnistes comme des fanatiques haineux et délirants, ils pourront démentir en se rappelant le petit gars tout tranquille qu’ils ont surveillé pendant quelques mois.

Je lis la presse et conserve précieusement certains articles révélateurs de l’hypocrisie ambiante. Parle-t-on de neutralité scolaire? A propos du collège unique, la sociologue Nathalie Mons révèle que « au sortir de la seconde guerre mondiale » les vainqueurs étaient « conscients de l’importance de l’école unique pour le respect des valeurs démocratiques » (« Le Monde », 16 nov. 2010, p. 22). Concernant plus particulièrement l’Histoire, on rappelle les propos de Lucien Febvre: « L’histoire enseignée à l’école l’est toujours pour autre chose que l’histoire; elle est toujours peu ou prou instrumentalisée » (« Le Monde », 14-15 nov., p. 17). Voilà qui a le mérite d’être clair.

Mais il y a plus savoureux encore. Interrogé, l’historien Benjamin Stora a déclaré: « L’histoire n’est pas une écriture fixe, enfermée dans un passé inamovible (…) L’écriture de l’histoire est toujours douloureuse, mais si on ne dit pas ce que l’on sait, il y a quelque chose qui ne va pas » (« Le Monde », supplément TV, 31 oct. 2010, p. 4). Moi, j’ai dit ce que je savais, et ça s’est aussi assez mal passé… Il est toutefois vrai que je n’évoquais pas De Gaulle; j’évoquais un événement devenu un dogme intouchable.

Quelques jours plus tard, à propos de la Maison de l’histoire de France, Frédéric Mitterrand a écrit: « Confronter les sources et les points de vue, c’est précisément ce qui est au coeur de l’écriture de l’histoire » (« Le Monde », 3 nov., p. 15). Ah?

La palme revient à A. Finkielkraut. Celui-ci déplore « la place que la Shoah occupe dans l’espace public, ‘figure imposée’, ‘exercice machinal’, ‘ritournelle bien-pensante », qui interdirait tout point de vue dérangeant sur le génocide » (« Le Monde », 9 nov., p. 21). Je devine sans peine les affres que doit vivre A. Finkielkraut. Mais lors, pourquoi n’a-t-il pas signé la pétition de P.E. Blanrue?

Mieux vaut rire de tout cela. C’est ce que je fais du fond de ma cellule. Je ris et je garde ainsi le moral au beau fixe, sachant qu’un jour l’Histoire nous donnera raison et balayera ces hypocrites. Bonne continuation à tous et merci de votre soutien.

Vincent

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Une réponse à “Nouvelles de Vincent

  1. Courage, cher Vincent !
    Vous allez bientôt sortir des geôles de la République, intact et bien décidé à poursuivre le combat contre le mensonge et le mondialisme qu’il sert.
    Tous les patriotes d’extrême France sont à vos côtés. Ils ont, en ces fêtes de fin d’année, une pensée émue à votre égard.
    A très bientôt, camarade.
    Guy de Levallois

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