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Vers un soutien d’Amnesty International à Vincent Reynouard ? Le CSVR participe au Marathon d’Amnesty International

Il faisait frais ce 12 décembre au matin… très frais ! Cela n’a pas empêché un groupe de coureurs motivés de participer dans le Sud-Est de la France au Cross organisé dans le cadre du « Marathon de Signatures » d’Amnesty International, au profit de Vincent Reynouard.

Au programme : courir en portant les tee-shirts de soutien à Vincent Reynouard pour interpeller les coureurs et les spectateurs sur le sort de ce dissident emprisonné qui, malheureusement, ne figure pas (encore) sur les listes des dissidents  défendus par Amnesty International.

Cet oubli a été réparé : après l’effort… le militantisme. Après avoir repris quelques forces, nos courageux coureurs sont repartis à l’attaque : distribution de tracts, collage d’autocollant, informations à ceux qui le demandaient.

 

S’agissant d’un « Marathon des signatures », nous encourageons ceux qui ne l’auraient pas encore fait à signer la pétition pour l’Abrogation de la Loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard (voir plus bas).

 

Courir c’est bien.
Courir pour un dissident du bout du monde, c’est généreux.
Courir pour un dissident français emprisonné en France, c’est mieux

 

 

 

Liens :

Amnesty International France : <www.amnesty.fr>
Amnesty International Monde : <www.amnesty.org>
Marathon des signatures : <http://www.marathondessignatures.com>
CSVR : <https://csvr.wordpress.com>
Abrogeons la loi Gayssot : <http://abrogeonslaloigayssot.blogspot.com>
Patriote Productions : <http://patrioteprod.free.fr>

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Interview de Marina, la courageuse épouse de Vincent Reynouard

Entretien accordé par l’épouse de Marina au site Libération de tous les prisonniers politiques.

 

1) Bonjour Marina ! Le moins que l’on puisse dire est que votre mariage avec Vincent est une fabuleuse aventure… A l’instant où il se trouve en prison et que vous avez tous les deux, de surcroit, huit enfants à éduquer, parvenez-vous à trouver du repos ?

Pour le moment, il est impossible de trouver une minute pour me reposer, car en plus de mes occupations maternelles, s’ajoute l’immense travail de secrétariat, l’abondante correspondance avec Vincent et les multiples sorties et activités avec les enfants (tantôt les grands, tantôt les petits) afin qu’ils ne souffrent pas de l’absence de leur cher papa.

2) Quel est votre état physique et moral au moment où nous écrivons ces lignes ?

Pour le moment, je suis plutôt épuisée mais c’est le lot de toutes les mères de famille nombreuse ayant eues plusieurs grossesses rapprochées et ayant encore des petits qui appellent chaque nuit. Mon moral, comme pour beaucoup, oscille. A bout de nerfs, je me sens parfois submergée par les émotions : tristesse, révolte. Bref, c’est la tempête dans ces moments-là, on se sent à bord d’une galère qu’on ne maîtrise plus. Mais cela reste superficiel et passager au fond de mon âme je reste bien amarrée sur le roc : Notre Seigneur Jésus-Christ.

3) Durant la cavale de Vincent, la police débarquait régulièrement à votre domicile pour voir s’il n’y était pas, y compris à 5h du matin… N’avez-vous pas l’impression que l’appareil répressif d’Etat s’en est pris à votre mari comme s’il s’agissait d’un véritable criminel violeur ?

Certains individus du genre s’en tirent mieux que Vincent au niveau des sentences. Oui, vous avez entièrement raison, je me dis souvent qu’ils n’ont aucun mérite à s’en prendre à un écrivain qui ne possède aucune arme et qui ne s’est jamais défendu physiquement. Les violeurs, les assassins ont plus de liberté finalement, combien de récidivistes traînent encore dans nos villes ?

4) Est-il arrivé que Vincent soit présent à votre domicile lorsque la police est passée ? Si oui, où s’était-il caché ?

Oui, c’est arrivé une fois, mais vous comprendrez que je ne puis vous dire où il s’était caché. L’aventure était plutôt cocasse (une vraie histoire belge) puisqu’ils ne l’ont pas trouvé.

5) Parvenez-vous facilement à entretenir des contacts avec Vincent ? Pouvez-vous facilement lui refiler des affaires de première nécessité ?

Nous nous écrivons régulièrement, la difficulté est le laps de temps qui s’écoule entre l’envoi d’un courrier à Vincent et sa réponse : une semaine. Pendant ce temps, la situation change ainsi que l’état d’esprit dans lequel nous étions. Ainsi il y a toujours un décalage et comme l’échange est ralenti, si un problème est évoqué, cela traîne en longueur pour le résoudre. Pour ce qui est des affaires, c’est très difficile de bien les faire parvenir. Pour l’heure, je sais que Vincent n’a toujours par reçu les parkas, blousons et pullovers que je lui avais transmis par l’intermédiaire d’un ami abonné de Valenciennes qui attend depuis fin août son laissez-passer – qu’il a déjà réclamé plusieurs fois- pour apporter tous ces vêtements à Vincent. Donc l’inquiétude est qu’il attrape une grippe car il n’a que les vêtements qu’il avait sur lui en juillet et ceux de la prison. Impossible de lui faire parvenir des vitamines ou remèdes, ni même des livres, des timbres ou autres choses.

6) Entretenez vous des contacts avec des personnalités politiques soutenant votre mari ?

Début aout, j’ai été avertie de la pétition de Paul-Eric Blanrue. Je me suis alors mise en contact avec lui, nous nous sommes rencontrés une fois le 8 septembre. Ce jour, Mr Blanrue m’a révélé le soutien de l’intellectuel Noam Chomsky à la pétition, elle fut annoncée le lendemain sur les différents sites internet. Depuis la mi-septembre, rentrée des classes, obligeants le suivi scolaire des enfants et une plus grande régularité niveau horaire (à l’opposé des vacances plutôt bohème), je mets un frein aux emails et différents contacts.

7) Au cours d’une telle épreuve, il est important d’être soutenu par son entourage… Tout va bien à ce niveau ? Il faut dire que les activités de votre mari sont très controversées…

Au niveau de l’entourage familial, la discrétion est gardée, je me sens soutenue mais nous n’en parlons pas. Du côté des amis, les soutiens sont nombreux : des jeunes du comité de soutien ont organisé une soirée “cochon grillé” à Toul, une personne a crée l’autocollant “libérez l’histoire, libérez Reynouard”, Terre et Peuple lui a accordé une table ronde lors de la manifestation du 24 octobre.

Dieudonné m’a invité à son spectacle avec les enfants. Des jeunes de Belgique se proposent de faire des T-shirt et une fête pour la sortie de Vincent. Fin septembre, les enfants ont reçu un colis en provenance d’Allemagne contenant 23 tablettes de chocolat et 13 paquets de bonbons! et puis un colis en provenance d’Italie rempli d’affaires scolaires etc. Rivarol passe régulièrement des articles de soutien en faveur de notre famille, et, comme pour les otages, affiche le nombre de jours passés par Vincent en prison depuis le 7 juillet. Par ailleurs j’ai reçu de nombreux courriers même d’Australie, un septuagénaire est venu d’incognito de Suisse allemande m’apporter quelques billets. Les aides, comme vous le voyez, viennent de toutes parts, toutes tendances politiques, idéologiques et religieuses. Enfin, n’oublions de pas citer l’humble dévouement de cette dame qui transmet sur internet tous les communiqués de Vincent.

8 ) Si ce n’est pas trop indiscret, comment avez-vous rencontré Vincent ? Il paraît que vous étiez de gauche à la base ?

J’ai rencontré Vincent alors que j’étais encore étudiante à Caen par le biais d’un ami. Je ne vous en dirai pas plus. J’ai effectivement porté un badge “touche pas à mon pote” et admiré François Mitterrand. Il me semblait que la France avait, dans les années 80, un chef d’Etat “hors paire”, non hostile au révisionnisme d’ailleurs, tout comme Jospin, ministre à l’époque qui était un ami du révisionniste Pierre Guillaume.

9) Certains médias l’accusent d’être “raciste”, au vu de ses fréquentations avec des personnalités dites d’ “extrême-droite” … Qu’en est-il réellement ?

Vincent n’est pas “raciste” car cela serait contraire à la morale catholique. Ainsi, cela ne le dérange pas d’aider des personnes quelque soit leur race. Cependant, d’un point de vue intellectuel, Vincent souscrit à l’idée que la pérennité d’une civilisation ne peut exister que s’il y a conservation du patrimoine biolgique. Un raisonnement simple, logique et historique, loin de toutes les idéologies ambiantes. Bien sûr, un minimum de métissage est inévitable à causes des relations nécessaires entre les peuples. Or, ici, on nous impose le métissage …

10) Pensez-vous que cet emprisonnement soit synonyme de défaite ?

Il s’agit presque d’un succès médiatique au contraire grâce à Paul-Eric Blanrue qui a vraiment fait tout ce qu’il a pu pour alerter journalistes, ministres et autres. On a jamais entendu autant parler de Vincent sur Internet, Radio Courtoisie et quelques journaux comme Rivarol, le Journal du Dimanche, le Monde des Livres et peut être d’autres. En Italie, cela bouge aussi depuis que ce grand universitaire Claudio Moffa a osé faire une heure de révisionnisme en chaire. Il me semble que Vincent illustre très bien par sa situation cette citation biblique : « Si le grain de blé ne meurt, il ne porte de fruit ».

11) Que souhaitez-vous à Vincent ? Que demandez-vous à Dieu ?

Je prie Dieu avec mes enfants de lui conserver un bon moral, une bonne santé et de ne pas souffrir de la séparation familiale. Vincent souhaiterait depuis 20 ans pouvoir débattre loyalement avec ses adversaires sur le sujet qui l’intéresse alors j’espère que son rêve se réalisera un jour. Il convient de rappeler que Vincent ne nie ni la souffrance des juifs, ni l’existence des camps de concentration. Nous sommes dans un pays qui revendique sa devise “liberté-égalité-fraternité”. Or, la loi Gayssot instaure une inégalité entre les citoyens. C’est pour cela que Robert Badinter a osé affirmer tout haut qu’elle était anticonstitutionnelle. Pourquoi ne pas donner droit aux Arméniens de créer une loi Gayssot pour interdire aux Turcs de contester le génocide arménien ? Où est l’égalité si tel historien peut parler mais pas tel autre ? Où est la liberté d’expression proclamée si haut par la France ?

Pour vous dire la tolérance de Vincent et son estime de la liberté, dernièrement il a été diffamé dans le Journal du Dimanche, quelqu’un lui a suggéré de porter plainte. Il a alors répondu : « Ils sont libres de me diffamer s’ils le veulent ». Voilà l’application de la liberté d’expression pour tous, comme aux Etats-Unis d’ailleurs. Par contre, sont interdits l’insulte, la diffamation, l’atteinte à la vie privée. Mais sur le sujet de la liberté d’expression, vous devriez interroger Jean Bricmont de l’université de Louvain-la-neuve, précurseur et coauteur avec Blanrue de la pétition. Je pense aussi à Maître John Bastardi Daumont, actuel avocat de Dieudonné et de Faurisson qui m’a expliqué la rupture d’égalité entre les citoyens et le vide juridique existant au niveau de l’apologie du révisionnisme (car seul le révisionnisme est punissable). Il y a aussi maître Jean Stevenin avocat de Vincent qui a une idée très percutante pour récuser les juges lors d’un prochain procès.

12) Avez-vous un petit mot pour les sympathisants de Vincent qui lisent cette interview ?

Un grand merci à tous qui de partout et tous bords nous sont venus en aide. Merci pour cet immense mouvement de solidarité envers Vincent et envers notre famille. Encore un appel, je sais que vous ne m’en voudrez pas, que Vincent puisse avoir encore plus de courrier pendant le mois de décembre. Toutes ces cartes postales et lettres qui lui ont été envoyées d’admiratrices et d’admirateurs y sont pour beaucoup dans la sauvegarde de son moral. Alors pour compenser l’absence de réjouissances familiales à Noël, je souhaiterais que chacun et chacune pense à lui renouveler son soutien par un mot ou quelques lignes.

Encore merci du fond du cœur à vous tous pour lui. Merci à vous et à bientôt.

Un grand merci pour cette interview Madame Reynouard ! Nous invitons tout le monde à vous joindre dans vos prières et à bien soutenir votre famille dans cette lourde épreuve !

LTPP (Libération de Tous les Prisonniers Politiques)

Le Comité de soutien à Vincent Reynouard présent à la XVe Table Ronde de Terre et Peuple

Le Comité de Soutien à Vincent Reynouard participait dimanche 24 octobre à la Table Ronde de Terre et Peuple.
Nous avions pour objectif de faire connaître l’emprisonnement de Vincent Reynouard et les raisons de son incarcération, ainsi que faire connaître le CSVR et son site. Nous souhaitions également diffuser la pétition pour  la libération de Vincent Reynouard et l’abolition de la loi Gayssot et enfin récolter des dons pour Vincent et sa famille.

Le CSVR remercie Terre et Peuple, en particulier Pierre Vial et Jean-Paul pour l’organisation et leur chaleureux accueil. Pour la première fois, le CSVR a pu tenir un stand qui nous a permis de diffuser informations et matériel de propagande. Nous remercions également Chard, Konk, Thibault de Chassey  et les personnes qui ont apporté leur aide humaine et matérielle.

Nous remercions tous ceux qui ont apporté dimanche leur aide ou leur soutien à Vincent Reynouard, par l’achat d’une carte postale, d’un tee-shirt, ou simplement par un don gratuit et ceux qui ont signé la pétition. Au-delà, merci à tous ceux qui soutiennent Vincent Reynouard et à sa famille par la diffusion de l’information ou tout autre action. Qu’ils recueillent ici le témoignage de notre gratitude.

Au total, le CSVR a pu récolter près de 500 €. Nous avons adressé ce jour un chèque pour Vincent Reynouard et sa famille.

stand du csvr table ronde terre et peuple 24 10 2010

Le stand du Comité de soutien à Vincent Reynouard lors de la table ronde de Terre et peuple le 24/10/10

La préhistoire de l’affaire Reynouard

L’intervention de Noam Chomsky en faveur de la pétition initiée par Paul-Éric Blanrue va inéluctablement faire sortir le scandale que constitue l’incarcération pour délit d’opinion d’un père de huit enfants, que la presse que l’on dit grande en raison de ses tirages avait jusqu’ici tenu sous le boisseau.

Mais cette affaire avait commencé en 1997, François Bayrou étant ministre de l’Éducation « nationale ».

La Vieille Taupe n’était pas parvenue alors à rompre la loi du silence médiatique, en dépit de la diffusion de milliers de cartes postales (reproduites ci-dessous).

Mais tout fini par arriver.

C’est le moment de faire connaître ce que les médiats étaient parvenus à étouffer à l’époque.

Un complément d’information viendra en temps utile.

En attendant nous vous invitons à faire circuler ces documents historiques : l’entrée en résistance spontanée des élèves de Vincent Reynouard à la rentrée des vacances scolaires, lorsqu’ils apprirent qu’il avait été révoqué pendant les vacances !

Une radio a osé parler de l’incarcération de Vincent Reynouard!

Jusqu’à présent les médias ont observé un silence complet sur l’emprisonnement de Vincent Reynouard. Nous avons appris qu’aucune agence de presse n’avait diffusé l’information. Une radio vient de briser l’omertà: Radio Courtoisie, 95.6 mHz: Honneur à elle !

Ce matin, mardi 31 août, était rediffusée sur cette radio une émission diffusée en direct hier soir, lundi 30 août, qui avait pour titre « Le Rendez-Vous politique de la réinformation », émission consacrée, entre autres, à l’insécurité et aux prisons. Présents : Henry de Lesquen, président de Radio Courtoisie, Jean-Philippe Arlaud, ancien commandant de police, Jean-Yves Le Gallou, président de Polémia, Eric Letty, directeur de la rédaction de Monde & Vie. Annonçant la seconde partie de l’émission, Henry de Lesquen explique: « J’aurais envie de commencer d’ailleurs la seconde partie de cette émission en disant qu’il y a au moins des délits pour lesquels on trouve des places dans les prisons, ce sont les délits d’opinion puisqu’on vient de jeter Monsieur Vincent Reynouard en prison en France pour un délit d’opinion, le seul délit d’opinion, à ma connaissance ­ bon, ce n’est pas le seul mais en tout cas c’est celui qui est pénalisé le plus gravement ­ qui est le délit de révisionnisme ou encore on dit ‘négationnisme’, c’est-à-dire que Vincent Reynouard est un militant ­ ce n’est pas un historien, c’est un militant révisionniste ­ et en raison de ses opinions il a été mis en prison; il n’a pas été condamné à une amende: il a été condamné à de la prison. Voilà. Je vous donne rendez-vous, chers amis de Radio Courtoisie, dans deux minutes. » Et deux minutes plus tard:

[Annonce des sujets qui vont être traités] 6°/ La mise en détention pour un délit d’opinion de notre compatriote Vincent Reynouard. (…) Nous allons donc parler du cas de Vincent Reynouard qui est donc en prison, dans une prison française, après avoir été extradé de Belgique [en vertu d’un mandat d’arrêt européen]. Le seul crime qu’il ait commis ou le seul délit qu’il ait commis, c’est d’avoir émis une opinion interdite sur le sujet des chambres à gaz dans les camps de concentration.

– JYLG :  Il a diffusé un opuscule de 16 pages, je crois, révisionniste, qui lui a donc valu d’être condamné à un an de prison par la Cour d’appel de Colmar ­ en première instance, d’abord, puis par la Cour d’appel de Colmar ensuite. Alors, vous me direz: un an de prison, en général, quand on est condamné à un an de prison, on ne le fait pas puisque justement on manque de place dans les prisons et là, en l’occurrence, on a trouvé une place; en l’occurrence, ce père de famille de 8 enfants a eu beaucoup de chance puisqu’on lui a trouvé une place dans une prison! Il était en Belgique et le gouvernement français a obtenu son extradition et il est maintenant en détention à la prison de Valenciennes. C’est quand même un événement dont la presse n’a absolument pas parlé. Or, la réinformation, ça consiste à parler aussi des événements réels dont la presse et les grands médias ne parlent pas; et c’est un événement important puisque c’est la première fois en France, depuis très, très longtemps, que quelqu’un est en prison exclusivement ­ non pas pour un acte, non pas pour une violence, non pas pour un vol ­ exclusivement pour l’émission d’une opinion. Alors, on va dire, effectivement: « Ah oui, mais, c’est une opinion odieuse« , ce qui n’est évidemment pas un argument. La question de savoir si l’opinion est odieuse ou pas n’est pas un argument pour savoir si on doit mettre quelqu’un en prison puisque jamais aucun régime n’a mis en prison les gens dont il trouvait les idées sympathiques: ni Mao, ni Staline, ni Kim Il-Sung, personne ne met en prison les gens dont il trouve les idées sympathiques.

Donc dire « il a des idées odieuses » ce n’est évidemment pas un argument recevable; de même que dire: « Oui mais c’est contraire à la vérité » n’est pas non plus recevable dans la mesure où dans les domaines historiques, dans les domaines scientifiques ou dans les domaines politiques on considère, dans les sociétés européennes ­ depuis très longtemps parce que ça ne remonte pas seulement à la Déclaration des droits de l’homme, ni à la Renaissance, ça remonte à la réforme papale du XIe siècle et même au-delà, aux Grecs: est vrai dans ces domaines-là ce qui est librement réfutable; c’est-à-dire qu’on peut dire: une proposition est vraie si d’autres peuvent essayer de démontrer qu’elle est fausse. Eh bien, malgré cela, Vincent Reynouard est en prison, en France, pour délit d’opinion et ça, je crois que c’est un événement qui mérite d’être souligné. Cela a valu à la France ­ c’est quand même un peu triste ­ des déclarations des autorités iraniennes et des autorités vénézuéliennes pour condamner cette atteinte aux libertés, ce qui est évidemment un petit peu ironique mais, après tout, la vérité c’est qu’effectivement il y a des choses qu’on peut dire à Paris et pas à Téhéran, mais il y a aussi des choses qu’on peut dire à Téhéran mais qu’on ne peut pas dire à Paris.


– HdL: Allez dire à Téhéran que Mahomet n’est pas…

– JYLG: Voilà! C’est permis à Paris mais c’est pas permis à Téhéran, par contre d’autres choses qui ne sont pas permises à Paris sont permises à Téhéran. En tout cas ça pose véritablement le problème de la liberté d’expression et le fait qu’on mette en prison, pour la première fois vraiment depuis très, très longtemps, quelqu’un EXCLUSIVEMENT pour des écrits, eh bien, c’est effectivement préoccupant parce qu’il ne faut pas se faire d’illusions: aujourd’hui on commence par un cas de délit d’opinion révisionniste mais je signale que la même loi prévoit de mettre en prison ­ même si on ne le fait pas pour le moment ­ pour délit d’opinion « raciste » et on sait très bien que des tas de gens ont été condamnés et pas seulement d’ailleurs, par parenthèse, à « l’extrême droite », mais dans tous les milieux…


– HdL: Brice Hortefeux…

– JYLG: Je n’osais pas le dire! …pour des propos qui n’étaient pas politiquement corrects, dans le domaine de l’immigration ou dans d’autres domaines. Je crois qu’il est extrêmement grave, extrêmement grave, vraiment, je pèse mes mots, de mettre quelqu’un en prison pour délit d’opinion, en France, en 2010. Alors, il y a un historien qui fait circuler une pétition, d’ailleurs bien écrite: Monsieur Blanrue. Cette pétition, nous l’avons mise à disposition, à connaissance des lecteurs de Polémia puisqu’elle est en ligne sur Polémia mais elle circule aussi… C’est d’ailleurs intéressant de voir qu’elle suscite un intérêt de milieux extrêmement différents car je crois que la liberté d’expression c’est un sujet qui mérite de s’y intéresser au-delà des clivages politiques.


– HdL: Jean-Yves Le Gallou, demander la libération de quelqu’un qui est en prison pour une opinion qu’il a soutenue, ce n’est pas soutenir l’opinion. M. Badiou, par exemple, est un philosophe marxiste. Il dit beaucoup de bien de Staline, Lénine, Marx, Engels, bien sûr, mais aussi Mao et Pol Pot, ses opinions sont odieuses, mais s’il y avait une loi qui permettrait de mettre en prison M. Badiou pour ses opinions je serais le premier à signer une pétition pour la libération de M. Badiou. Vous aussi, je suppose, Eric Letty?

– EL: Oui, tout à fait. Ou de Georges Frêche, qui aime bien les statues…


– HdL: Vous êtes pour la libération de M. Badiou. [inaudible] Eh bien, ce qu’il faut dire c’est que, d’une part, effectivement il y a deux principes de liberté ­ c’est bien la peine d’avoir une devise qui s’appelle Liberté Egalité Fraternité pour qu’on ose mettre en prison quelqu’un qui a une opinion non conforme à l’opinion dominante: la loi du 13 juillet 1990 qui a permis de mettre M. Vincent Reynouard en prison en France ­ Vincent Reynouard qui est français d’ailleurs, habitant la Belgique…

– JYLG: Il était réfugié en Belgique; il aurait pu se réfugier plus loin, peut-être, je ne sais pas… [Vincent Reynouard rappelle ici qu’il est allé en Belgique après sa révocation de l’éducation nationale car on un ami lui proposait de l’accueillir alors qu’il était ruiné.]


– HdL: La loi du 13 juillet 1990 c’est la loi Gayssot. M. Gayssot était un député communiste, donc une loi communiste, d’esprit totalitaire, qui impose une opinion par la force de la loi. Et ça c’est dramatique. C’est dramatique, d’ailleurs, parce que, en fait, c’est contre-performant parce que les gens qui ne sont pas historiens, comme moi, et qui se disent « 
Mais enfin, c’est quand même bizarre: on n’a pas fait une loi pour interdire aux gens de dire que la Terre est plate. Si quelqu’un veut dire que la Terre est plate on ne peut pas le lui interdire. Vraiment, quel est le problème? » et on fait une loi pour punir les gens qui prétendent que les morts dans les camps de concentration allemands ne sont pas morts avec le gaz mais d’une autre manière. Bon, ça c’est assez incompréhensible. Cela s’appelle le délit de contestation de crimes contre l’humanité et c’est un délit passible de la peine de prison. Le problème c’est que, quand on n’est pas spécialiste d’une question, on fait confiance aux spécialistes de la question, aux historiens en l’occurrence. Mais à une condition! C’est que la liberté de discussion soit possible. Comment peut-on faire confiance à des spécialistes d’une question s’il n’y a pas de possibilité de contredire et si on n’oblige pas ceux qui défendent la position officielle à réfuter? Et ça va très loin: en dehors de la question de la loi proprement dite, le terrorisme intellectuel peut suffire. Dans la question du climat il a presque réussi, jusqu’à une date récente, à empêcher un vrai débat sur la thèse du réchauffement climatique soutenue par le GIEC (Organisation météorologique mondiale). Donc il faut vraiment accepter la liberté de discussion. Donc cette loi est monstrueuse dans son principe. J’ajoute, puisque je rappelle, Eric Letty, aux auditeurs de Radio Courtoisie que vous êtes directeur de la rédaction de Monde & Vie et que votre revue est une revue catholique, qui se proclame comme telle: ce qui est grave dans cette affaire, c’est qu’on a institué une loi contre le blasphème. On peut dire en France les pires horreurs sur Jésus de Nazareth, Jésus-Christ, qui est le Messie des chrétiens…

– EL: Malheureusement on ne s’en prive pas.


– HdL: …on ne s’en prive pas. Mais on ne risque rien. On n’ira pas en prison quand on aura dit les pires horreurs sur Jésus. On peut même d’ailleurs prétendre qu’il n’a pas existé, on n’ira pas en prison non plus, aussi absurde que soit cette thèse. Mais si on commet le blasphème, non pas contre la religion du Golgotha, le christianisme, mais contre la religion de la Shoah, alors, là, on va en prison. La loi Gayssot est une loi qui punit le blasphème contre la religion de la Shoah. Alors, il faudrait savoir si c’est la religion officielle de la République française et si on a le droit de blasphémer la religion chrétienne mais pas la religion de la Shoah.

– EL: Je crois qu’il y a quelque chose qui est assez incompréhensible, d’ailleurs, c’est que, outre le fait, comme le disait Jean-[Yves] Le Gallou, moi je suis historien quand même de formation, que l’histoire en soi se fait à travers des opinions contradictoires. Ça, c’est très net. Et donc là on sort de l’histoire; la loi Gayssot ferme l’histoire, en fait. Je ne suis pas du tout révisionniste et j’en parle d’autant plus librement…


– HdL: Si vous l’étiez vous ne pourriez pas le dire! Alors ce n’est pas la peine de le dire. Moi je le dirais volontiers si c’était libre mais, franchement…

– EL: Quoi qu’il en soit, je veux dire que le domaine historique est là fermé et remplacé par un domaine, effectivement, qui relève du dogme. Mais, ensuite, quand on nous parle de… il faudrait savoir où on se situe, si l’on se situe dans une espèce de religion, comme vous le disiez, d’Etat, ou pas, mais…


– HdL: J’espère qu’il y a une religion de la Shoah qui est protégée par des lois contre le blasphème!

[Ici, Eric Letty explique que le débat sur le révisionnisme est totalement libre aux Etats-Unis, ce qui n’est vrai que dans la théorie, nos correspondants le savent bien, hélas – NDLR]

– EL: Vous disiez tout à l’heure que c’était la première fois depuis très longtemps qu’il y avait quelqu’un qui avait été incarcéré pour un délit d’opinion. Oui, mais je vous rappellerai quand même que, sur un thème qui est celui de l’avortement, le Dr Dor avait été condamné à des peines de prison pour avoir récité un rosaire devant un hôpital; on n’est quand même pas très très loin…


– HdL: Ce n’était pas un délit d’opinion! Non, non. Ce n’était pas une question d’opinion. Non, non. Je dois dire que sur cette loi antirévisionniste Gayssot, ce qui est extravagant, c’est qu’on ne sait pas où commence et où finit le révisionnisme parce que : est-ce que le fait de nier, par exemple, l’authenticité de la chambre à gaz du Struthof en Alsace c’est déjà du révisionnisme? Ou bien est-ce que dire qu’il n’y avait pas deux chambres à gaz à tel endroit mais une seule c’est du révisionnisme? Si on dit qu’il n’y avait pas eu 6 millions de morts mais 5 millions 500 000, alors on va nous dire « 
Mais vous tuez une deuxième fois les 500 000 morts que vous ôtez de la statistique! » Et ainsi de suite. C’est absurde.

– JYLG: Henry, avant de venir, il se trouve que j’ai regardé le livre d’Histoire que j’ai eu en Terminale, il y a beaucoup d’années, il y a 40 ans… Mais enfin, bon, c’était un livre d’Histoire, dans une collection dirigée par Jean-Baptiste Duroselle, qui est tout de même un très grand historien, et qui était diffusé dans à peu près 80% des lycées à l’époque: eh bien, le texte dans le chapitre consacré à la seconde guerre mondiale ­la période d’histoire étudiée à l’époque dans les Terminales, c’était 1914-1945 ­ dans le chapitre sur la seconde guerre mondiale, le passage qui concerne ces événements serait aujourd’hui susceptible d’être condamné pour révisionnisme, ce qui pose quand même un véritable problème. Alors peut-être qu’on a raison aujourd’hui et qu’on avait tort il y a 40 ans, bien sûr…


– HdL: Mais on n’a pas raison de mettre les gens en prison pour leurs opinions, ça, non!

– JYLG: Je crois qu’au-delà même de ces aspects on touche à un aspect philosophique par rapport à l’identité européenne qui est que, sur les sujets non religieux, le critère essentiel, je dirais même unique, de la vérité, c’est la réfutabilité, la possibilité de réfuter, la possibilité de discuter. Et donc, là, je crois qu’il y a une atteinte grave aux libertés et le problème, comme toujours, est que ça commence comme ça, on sait comment ça commence, on ne sait pas comment ça continuera.


– EL: Si je peux me permettre de prolonger le paradoxe que vous évoquiez tout à l’heure à propos de Jean-Baptiste Duroselle: il faut se rappeler quand même que Paul Rassinier, qui est tout de même le… le…

– HdL: …fondateur de l’école révisionniste française


– EL: …était un ancien déporté qui était du parti socialiste et aujourd’hui, si la loi Gayssot lui avait été appliquée, il passait d’un camp de concentration allemand à une prison française…

[Changement de sujet]

Jusqu’à présent les médias ont observé un silence complet sur l’emprisonnement de Vincent Reynouard. Nous avons appris qu’aucune agence de presse n’avait diffusé l’information. Une radio vient de briser l’omertà: Radio Courtoisie, 95.6 mHz: Honneur à elle!

Ce matin, mardi 31 août, était rediffusée sur cette radio une émission diffusée en direct hier soir, lundi 30 août, qui avait pour titre « Le Rendez-Vous politique de la réinformation », émission consacrée, entre autres, à l’insécurité et aux prisons. Présents: Henry de Lesquen, président de Radio Courtoisie, Jean-Philippe Arlaud, ancien commandant de police, Jean-Yves Le Gallou, président de Polémia, Eric Letty, directeur de la rédaction de « Monde & Vie ». Annonçant la seconde partie de l’émission, Henry de Lesquen explique: « J’aurais envie de commencer d’ailleurs la seconde partie de cette émission en disant qu’il y a au moins des délits pour lesquels on trouve des places dans les prisons, ce sont les délits d’opinion puisqu’on vient de jeter Monsieur Vincent Reynouard en prison en France pour un délit d’opinion, le seul délit d’opinion, à ma connaissance ­ bon, ce n’est pas le seul mais en tout cas c’est celui qui est pénalisé le plus gravement ­ qui est le délit de révisionnisme ou encore on dit ‘négationnisme’, c¹est-à-dire que Vincent Reynouard est un militant ­ ce n’est pas un historien, c’est un militant révisionniste ­ et en raison de ses opinions il a été mis en prison; il n’a pas été condamné à une amende: il a été condamné à de la prison. Voilà. Je vous donne rendez-vous, chers amis de Radio Courtoisie, dans deux minutes. » Et deux minutes plus tard:

[Annonce des sujets qui vont être traités] 6°/ La mise en détention pour un délit d’opinion de notre compatriote Vincent Reynouard. (…) Nous allons donc parler du cas de Vincent Reynouard qui est donc en prison, dans une prison française, après avoir été extradé de Belgique [en vertu d’un mandat d’arrêt européen]. Le seul crime qu’il ait commis ou le seul délit qu’il ait commis, c’est d’avoir émis une opinion interdite sur le sujet des chambres à gaz dans les camps de concentration.
‹ JYLG: Il a diffusé un opuscule de 16 pages, je crois, révisionniste, qui lui a donc valu d’être condamné à un an de prison par la Cour d’appel de Colmar ­ en première instance, d’abord, puis par la Cour d’appel de Colmar ensuite. Alors, vous me direz: un an de prison, en général, quand on est condamné à un an de prison, on ne le fait pas puisque justement on manque de place dans les prisons et là, en l’occurrence, on a trouvé une place; en l’occurrence, ce père de famille de 8 enfants a eu beaucoup de chance puisqu’on lui a trouvé une place dans une prison! Il était en Belgique et le gouvernement français a obtenu son extradition et il est maintenant en détention à la prison de Valenciennes. C’est quand même un événement dont la presse n’a absolument pas parlé. Or, la réinformation, ça consiste à parler aussi des événements réels dont la presse et les grands médias ne parlent pas; et c¹est un événement important puisque c’est la première fois en France, depuis très, très longtemps, que quelqu’un est en prison exclusivement ­ non pas pour un acte, non pas pour une violence, non pas pour un vol ­ exclusivement pour l’émission d’une opinion. Alors, on va dire, effectivement: « Ah oui, mais, c¹est une opinion odieuse », ce qui n’est évidemment pas un argument. La question de savoir si l’opinion est odieuse ou pas n’est pas un argument pour savoir si on doit mettre quelqu’un en prison puisque jamais aucun régime n’a mis en prison les gens dont il trouvait les idées sympathiques: ni Mao, ni Staline, ni Kim Il-Sung, personne ne met en prison les gens dont il trouve les idées sympathiques.
Donc dire « il a des idées odieuses » ce n’est évidemment pas un argument recevable; de même que dire: « Oui mais c’est contraire à la vérité » n’est pas non plus recevable dans la mesure où dans les domaines historiques, dans les domaines scientifiques ou dans les domaines politiques on considère, dans les sociétés européennes ­ depuis très longtemps parce que ça ne remonte pas seulement à la Déclaration des droits de l’homme, ni à la Renaissance, ça remonte à la réforme papale du XIe siècle et même au-delà, aux Grecs: est vrai dans ces domaines-là ce qui est librement réfutable;
c¹est-à-dire qu¹on peut dire: une proposition est vraie si d’autres peuvent essayer de démontrer qu’elle est fausse. Eh bien, malgré cela, Vincent Reynouard est en prison, en France, pour délit d’opinion et ça, je crois que c’est un événement qui mérite d’être souligné. Cela a valu à la France ­ c’est quand même un peu triste ­ des déclarations des autorités iraniennes et des autorités vénézuéliennes pour condamner cette atteinte aux libertés, ce qui est évidemment un petit peu ironique mais, après tout, la vérité c’est qu’effectivement il y a des choses qu’on peut dire à Paris et pas à Téhéran, mais il y a aussi des choses qu’on peut dire à Téhéran mais qu’on ne peut pas dire à Paris.

‹ HdL: Allez dire à Téhéran que Mahomet n¹est pas…

‹ JYLG: Voilà! C’est permis à Paris mais c’est pas permis à Téhéran, par contre d’autres choses qui ne sont pas permises à Paris sont permises à Téhéran. En tout cas ça pose véritablement le problème de la liberté d’expression et le fait qu’on mette en prison, pour la première fois vraiment depuis très, très longtemps, quelqu’un EXCLUSIVEMENT pour des écrits, eh bien, c’est effectivement préoccupant parce qu’il ne faut pas se faire d’illusions: aujourd’hui on commence par un cas de délit d’opinion révisionniste mais je signale que la même loi prévoit de mettre en prison ­ même si on ne le fait pas pour le moment ­ pour délit d’opinion « raciste » et on sait très bien que des tas de gens ont été condamnés et pas seulement d’ailleurs, par parenthèse, à « l’extrême droite », mais dans tous les milieux…

‹ HdL: Brice Hortefeux…

‹ JYLG: Je n’osais pas le dire! …pour des propos qui n’étaient pas politiquement corrects, dans le domaine de l’immigration ou dans d’autres domaines. Je crois qu’il est extrêmement grave, extrêmement grave, vraiment, je pèse mes mots, de mettre quelqu’un en prison pour délit d’opinion, en France, en 2010. Alors, il y a un historien qui fait circuler une pétition, d’ailleurs bien écrite: Monsieur Blanrue. Cette pétition, nous l’avons mise à disposition, à connaissance des lecteurs de Polémia puisqu’elle est en ligne sur Polémia (*) mais elle circule aussi… C’est d’ailleurs intéressant de voir qu’elle suscite un intérêt de milieux extrêmement différents car je crois que la liberté d’expression c’est un sujet qui mérite de s’y intéresser au-delà des clivages politiques.

‹ HdL: Jean-Yves Le Gallou, demander la libération de quelqu’un qui est en prison pour une opinion qu’il a soutenue, ce n’est pas soutenir l’opinion. M. Badiou, par exemple, est un philosophe marxiste. Il dit beaucoup de bien de Staline, Lénine, Marx, Engels, bien sûr, mais aussi Mao et Pol Pot, ses opinions sont odieuses, mais s’il y avait une loi qui permettrait de mettre en prison M. Badiou pour ses opinions je serais le premier à signer une pétition pour la libération de M. Badiou. Vous aussi, je suppose, Eric Letty?

‹ EL: Oui, tout à fait. Ou de Georges Frêche, qui aime bien les statues…

‹ HdL: Vous êtes pour la libération de M. Badiou. [inaudible] Eh bien, ce qu’il faut dire c’est que, d’une part, effectivement il y a deux principes de liberté ­ c’est bien la peine d’avoir une devise qui s’appelle Liberté Egalité Fraternité pour qu’on ose mettre en prison quelqu’un qui a une opinion non conforme à l’opinion dominante: la loi du 13 juillet 1990 qui a permis de mettre M. Vincent Reynouard en prison en France ­ Vincent Reynouard qui est français d’ailleurs, habitant la Belgique…

‹ JYLG: Il était réfugié en Belgique; il aurait pu se réfugier plus loin, peut-être, je ne sais pas…

‹ HdL: La loi du 13 juillet 1990 c’est la loi Gayssot. M. Gayssot était un député communiste, donc une loi communiste, d’esprit totalitaire, qui impose une opinion par la force de la loi. Et ça c’est dramatique. C’est dramatique, d’ailleurs, parce que, en fait, c’est contre-performant parce que les gens qui ne sont pas historiens, comme moi, et qui se disent « Mais enfin, c’est quand même bizarre: on n’a pas fait une loi pour interdire aux gens de dire que la Terre est plate. Si quelqu’un veut dire que la Terre est plate on ne peut pas le lui interdire. Vraiment, quel est le problème? » et on fait une loi pour punir les gens qui prétendent que les morts dans les camps de concentration allemands ne sont pas morts avec le gaz mais d’une autre manière. Bon, ça c’est assez incompréhensible. Cela s’appelle le délit de contestation de crimes contre l’humanité et c’est un délit passible de la peine de prison. Le problème c’est que, quand on n’est pas spécialiste d’une question, on fait confiance aux spécialistes de la question, aux historiens en l’occurrence. Mais à une condition! C’est que la liberté de discussion soit possible. Comment peut-on faire confiance à des spécialistes d’une question s’il n’y a pas de possibilité de contredire et si on n’oblige pas ceux qui défendent la position officielle à réfuter? Et ça va très loin: en dehors de la question de la loi proprement dite, le terrorisme intellectuel peut suffire. Dans la question du climat il a presque réussi, jusqu’à une date récente, à empêcher un vrai débat sur la thèse du réchauffement climatique soutenue par le GIEC (Organisation météorologique mondiale). Donc il faut vraiment accepter la liberté de discussion. Donc cette loi est monstrueuse dans son principe. J’ajoute, puisque je rappelle, Eric Letty, aux auditeurs de Radio Courtoisie que vous êtes directeur de la rédaction de « Monde & Vie » et que votre revue est une revue catholique, qui se proclame comme telle: ce qui est grave dans cette affaire, c’est qu’on a institué une loi contre le blasphème. On peut dire en France les pires horreurs sur Jésus de Nazareth, Jésus-Christ, qui est le Messie des chrétiens…

‹ EL: Malheureusement on ne s’en prive pas.

‹ HdL: …on ne s’en prive pas. Mais on ne risque rien. On n’ira pas en prison quand on aura dit les pires horreurs sur Jésus. On peut même d’ailleurs prétendre qu’il n’a pas existé, on n’ira pas en prison non plus, aussi absurde que soit cette thèse. Mais si on commet le blasphème, non pas contre la religion du Golgotha, le christianisme, mais contre la religion de la Shoah, alors, là, on va en prison. La loi Gayssot est une loi qui punit le blasphème contre la religion de la Shoah. Alors, il faudrait savoir si c’est la religion officielle de la République française et si on a le droit de blasphémer la religion chrétienne mais pas la religion de la Shoah.

‹ EL: Je crois qu’il y a quelque chose qui est assez incompréhensible, d’ailleurs, c’est que, outre le fait, comme le disait Jean-[Yves] Le Gallou, moi je suis historien quand même de formation, que l’histoire en soi se fait à travers des opinions contradictoires. Ça, c’est très net. Et donc là on sort de l’histoire; la loi Gayssot ferme l’histoire, en fait. Je ne suis pas du tout révisionniste et j’en parle d’autant plus librement…

‹ HdL: Si vous l’étiez vous ne pourriez pas le dire! Alors ce n’est pas la peine de le dire. Moi je le dirais volontiers si c’était libre mais, franchement…

‹ EL: Quoi qu’il en soit, je veux dire que le domaine historique est là fermé et remplacé par un domaine, effectivement,  qui relève du dogme. Mais, ensuite, quand on nous parle de… il faudrait savoir où on se situe, si l’on se situe dans une espèce de religion, comme vous le disiez, d¹Etat, ou pas, mais…

‹ HdL: J’espère qu’il y a une religion de la Shoah qui est protégée par des lois contre le blasphème!

[Ici, Eric Letty explique que le débat sur le révisionnisme est totalement libre aux Etats-Unis, ce qui n’est vrai que dans la théorie, nos correspondants le savent bien, hélas – NDLR]

‹ EL: Vous disiez tout à l’heure que c’était la première fois depuis très longtemps qu’il y avait quelqu’un qui avait été incarcéré pour un délit d’opinion. Oui, mais je vous rappellerai quand même que, sur un thème qui est celui de l’avortement, le Dr Dor avait été condamné à des peines de prison pour avoir récité un rosaire devant un hôpital; on n’est quand même pas très très loin…

‹ HdL: Ce n’était pas un délit d¹opinion! Non, non. Ce n’était pas une question d’opinion. Non, non. Je dois dire que sur cette loi antirévisionniste Gayssot, ce qui est extravagant, c’est qu’on ne sait pas où commence et où finit le révisionnisme parce que: est-ce que le fait de nier, par exemple, l’authenticité de la chambre à gaz du Struthof en Alsace c’est déjà du révisionnisme? Ou bien est-ce que dire qu’il n¹y avait pas deux chambres à gaz à tel endroit mais une seule c’est du révisionnisme? Si on dit qu’il n’y avait pas eu 6 millions de morts mais 5 millions 500 000, alors on va nous dire « Mais vous tuez une deuxième fois les 500 000 morts que vous ôtez de la statistique! » Et ainsi de suite. C¹est absurde. ‹ JYLG: Henry, avant de venir, il se trouve que j’ai regardé le livre d’Histoire que j’ai eu en Terminale, il y a beaucoup d’années, il y a 40 ans… Mais enfin, bon, c’était un livre d’Histoire, dans une collection dirigée par Jean-Baptiste Duroselle, qui est tout de même un très grand historien, et qui était diffusé dans à peu près 80% des lycées à l’époque: eh bien, le texte dans le chapitre consacré à la seconde guerre mondiale ­la période d’histoire étudiée à l’époque dans les Terminales, c’était 1914-1945 ­ dans le chapitre sur la seconde guerre mondiale, le passage qui concerne ces événements serait aujourd’hui susceptible d’être condamné pour révisionnisme, ce qui pose quand même un véritable problème. Alors peut-être qu’on a raison aujourd’hui et qu’on avait tort il y a 40 ans, bien sûr…

‹ HdL: Mais on n’a pas raison de mettre les gens en prison pour leurs opinions, ça, non!

‹ JYLG: Je crois qu’au-delà même de ces aspects on touche à un aspect philosophique par rapport à l’identité européenne qui est que, sur les sujets non religieux, le critère essentiel, je dirais même unique, de la vérité, c’est la réfutabilité, la possibilité de réfuter, la possibilité de discuter. Et donc, là, je crois qu’il y a une atteinte grave aux libertés et le problème, comme toujours, est que ça commence comme ça, on sait comment ça commence, on ne sait pas comment ça continuera.

‹ EL: Si je peux me permettre de prolonger le paradoxe que vous évoquiez tout à l’heure à propos de Jean-Baptiste Duroselle: il faut se rappeler quand même que Paul Rassinier, qui est tout de même le… le…

‹ HdL: …fondateur de l’école révisionniste française ‹ EL: …était un ancien déporté qui était du parti socialiste et aujourd’hui, si la loi Gayssot lui avait été appliquée, il passait d’un camp de concentration allemand à une prison française…

[Changement de sujet]

(*) http://www.polemia.com/article.php?id=3013
(*) http://www.radiocourtoisie.fr

Pensons à nos prisonniers de Noël

Il est temps de penser à envoyer une carte de voeux (accompagnée ou non d’un billet de 5 euros mentionné et scotché sur la carte) à nos malheureux prisonniers afin qu’ils sachent que nous sommes fiers de leur courage.

Pour un envoi ne dépassant pas 20g, l’affranchissement est de  0,65 euros:

– M. Ernst Zündel
JVA Mannheim
Herzogenriedstr. 111
D-68169 Mannheim
(Allemagne)

– M. Germar Rudolf
Schloss 1
D-72108 Rottenburg
(Allemagne)

– Maître Sylvia Stolz
JVA
Oberer Fauler Pelz, 1
D- 69117 Heidelberg
(Allemagne)

– M. Gerd Honsik
Justizanstalt Wien-Josefstadt
Wickenburggasse, 18-22
A-1082 Vienna,
(Autriche)

– M. Wolfgang Fröhlich
Justizanstalt Wien-Josefstadt
Wickenburggasse, 18-22
A-1082 Vienna,
(Autriche)

Merci pour eux.

Soutien et prières pour Vincent Reynouard

Soutien et prière pour Vincent Reynouard